Credit Suisse affiche des lacunes dans le contrôle antiblanchiment

La banque, épinglée notamment sur des cas présumés de corruption en lien avec la Fifa et avec Petrobas, devra mettre en place des mesures correctives.

Le rapport de l’Autorité suisse de surveillance des marchés financiers (Finma) est peu reluisant pour Credit Suisse. Dans un communiqué, le gendarme helvète a en effet indiqué lundi avoir constaté d’importants dysfonctionnements dans les procédures de contrôle antiblanchiment du groupe bancaire à l’occasion de deux investigations ouvertes en 2015 et 2016. Si la Finma n’a pas pris de sanction contre Credit Suisse, elle a en revanche nommé un mandataire indépendant pour vérifier l'instauration de nouvelles mesures correctives et accélérer leur mise en œuvre. Credit Suisse a pour sa part dit avoir «pris acte» des conclusions de la Finma au sujet de ces faits «hérités du passé».

A la suite de cas présumés de corruption en lien notamment avec la Fifa (la Fédération internationale de football) et avec le groupe pétrolier brésilien Petrobas, la Finma avait lancé en 2015 des investigations auprès de plusieurs établissements bancaires. Le gendarme a finalement constaté que Credit Suisse avait failli sur plusieurs années, et de manière répétée, notamment concernant la vérification de l'identité du cocontractant, la classification comme relation d’affaires comportant un risque accru et la documentation.

«Pour qu’un dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent soit efficace, tous les postes concernés de la banque doivent pouvoir, d’un clic, avoir une idée claire de l’ensemble des rôles et des relations d’un client», relève la Finma. «Credit Suisse travaille depuis 2015 à mettre en œuvre une telle vue d’ensemble. Elle a fait des progrès dans ce sens mais la vue d’ensemble doit aussi être étendue à d’autres unités que celles de compliance. La Finma a donc, outre les manquements aux dispositions de lutte contre le blanchiment d’argent, aussi constaté des lacunes organisationnelles.»

La deuxième procédure concerne quant à elle une relation d'affaires importante avec une «personne politiquement exposée», qui n’avait été enregistrée comme présentant un risque accru que tardivement. Ce second cas a en outre révélé des faiblesses répétées dans le contrôle d’un conseiller clientèle par la suite condamné pénalement. «Le conseiller clientèle (…) a violé, sur plusieurs années et de manière répétée et actée, les dispositions de la banque en matière de compliance. Cependant, au lieu de sanctionner (…), la banque l’a récompensé par des primes élevées et des évaluations positives», constate la Finma, qui conclut à une gestion des risques inadéquate.

Par L'Agefi Quotidien