Plate-forme de distribution

​Changement de braquet

Le rapprochement de Nortia et de Sélection 1818 est en cours
La finalisation de cette opération est annoncée pour l’automne
DR, Vincent Dubois, le président du groupe DLPK

Vincent Dubois, le président du groupe DLPK

Jusqu’à présent, la plate-forme de distribution Nortia était connue des conseils en gestion de patrimoine (CGP), entre autres, pour développer des solutions financières en assurance vie en partenariat avec des compagnies.

Un fonds d’investissement à la manœuvre. Sans renier ce business model, l’équipe dirigeante a annoncé au mois d’avril dernier l’acquisition de Sélection 1818, une autre plate-forme dédiée aux CGP, détenue par le groupe Natixis. Elle était elle-même issue du rapprochement en 2010 de Sélection R et de 1818 Partenaires qui appartenaient respectivement à Rothschild & Cie Gestion et au groupe BPCE. Cette opération a été soutenue par BlackFin Capital Partners, qui a pris une participation de 34 % dans le capital de Nortia en début d’année. Ce fonds n’est pas un inconnu dans le domaine de la distribution de produits financiers puisqu’il est récemment sorti du capital de structures telles que Cyrus Conseil et Primonial.

Effet volume. À la fin de l’année dernière, Sélection 1818 revendiquait plus de 5 % du marché des plates-formes de distribution sur la base des 6,4 milliards d’euros d’actifs gérés. Cette acquisition n’est pas neutre pour le groupe DLPK qui regroupe cette nouvelle entité, Nortia Invest, une plate-forme bancaire qui conçoit des solutions de compte-titres, mais aussi la société Haas Gestion. De leur côté, les trois structures historiques de DLPK ont réalisé en 2017 une collecte totale de 650 millions, ce qui a porté l’encours à 4,5 milliards d’euros. Le développement commercial de la nouvelle organisation sera largement orienté vers l’assurance vie, qui représente environ sept milliards d’euros d’encours, alimentés par une collecte brute annuelle de 700 à 800 millions d’euros.

Rendez-vous à l’automne. Quelques mois seront nécessaires pour rendre opérationnelle la nouvelle organisation. Vincent Dubois, le président du groupe DLPK, s’en explique : « À côté de Haas Gestion, l’idée est de créer une nouvelle entité dans laquelle Nortia, Nortia Invest et Sélection 1818 seront fusionnées. » La période de transition sera mise à profit pour analyser dans le détail l’offre de services et d’outils. Par exemple, le dirigeant considère que « Sélection 1818 dispose d’une expertise en matière d’ingénierie patrimoniale assez forte », de nature à consolider le socle de prestations proposées aux CGPI. Pour maintenir le niveau de service et la proximité avec ces intermédiaires, une phase de recrutement sur un ensemble varié de profils est annoncée. En tout, les 160 salariés du groupe seront réunis à Roubaix, le site historique de Nortia, et à Paris, rue Royale.

Nouvelle marque. Il est aussi question que la plate-forme Nortia Invest, développée en interne, soit utilisée pour la gestion de l’ensemble des comptes-titres. « Il s’agit d’intégrer toutes les offres dans nos process de gestion et de les faire fonctionner avant d’en envisager de nouvelles », prévient Vincent Dubois. Du temps est aussi nécessaire pour déterminer le nouveau nom de la structure issue du rapprochement, « mais la marque Nortia restera la marque des CGPI », annonce-t-il. En clair, les habitudes des CGPI déjà partenaires de Nortia ne devraient pas être bouleversées, il n’est d’ailleurs pas question de toucher aux accords de rétrocession.

Remodeler l’offre produits existante. Au profit des courtiers qui travaillent activement avec les structures du groupe DLPK, les référencements en comptes-titres et en assurance vie sont appelés à évoluer. Pour le reste, « l’objectif est d’apporter de l’innovation produit à l’existant avant d’éventuelles opérations de démarchage », annonce le président. Le traitement des actes de gestion et la mise en place de la signature électronique déjà présente dans l’offre Nortia sont envisagés « sur tous les contrats », poursuit-il. Il s’agit donc de mettre à niveau les contrats existants sur un plan technologique mais aussi sur des considérations plus financières. Comment ? En intégrant par exemple des fonds euros « actifs » maison ou en développant les mandats d’arbitrage. En revanche, le groupe ne prévoit pas de développer une offre en immobilier, à l’exclusion de la distribution de sous-jacents immobiliers accessibles en assurance vie.