Carmignac stabilise ses encours à l'issue d'un premier trimestre agité

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Le groupe a stabilisé ses encours à 56 milliards, malgré une décollecte nette de 800 millions d’euros.

Malgré les fortes turbulences sur les marchés au début d'année, Carmignac a réussi à maintenir le cap. « La météo a été moins bonne sur les marchés au premier trimestre, a souligné Didier Saint-Georges, « managing director » et membre du comité d'investissement de Carmignac, lors d'une rencontre avec la presse. Nous sommes sortis de la période de conte de fées des derniers mois. Nous avons toutefois réussi à stabiliser nos encours à 56 milliards, malgré une décollecte nette d'environ 800 millions d'euros. »

Dans un tel contexte, le dirigeant a préféré mettre en exergue le bon comportement de sa gamme de fonds, à l'image du fonds actions globales Carmignac Investissement qui a généré une performance de 0,74 % au premier trimestre ou du fonds Carmignac Global Bond qui affiche une performance de 1,41 % à l'issue des trois premiers mois de l'année. Quant au fonds Carmignac Patrimoine, il affiche un modeste repli de -0,56% au premier trimestre. « Les fonds de la gamme Patrimoine ont le fait le travail, a estimé Didier Saint-Georges. Le fonds Carmignac Patrimoine est même en territoire positif depuis le début d'année si on prend en compte les données d'avril. Finalement, la performance des fonds remet en lumière les vertus de la gestion globale. »

A l'issue d'un premier trimestre qui marque donc la fin du conte de fées sur les marchés financiers, marqué par des tensions géopolitiques et des craintes sur le secteur technologique aux Etats-Unis, Carmignac se montre volontairement prudent. « Nous constatons un vrai changement de régime majeur pour les marchés, avec un ralentissement de l'activité mondiale dans un contexte de normalisation des politiques monétaires, a noté Frédéric Leroux, responsable de l'équipe cross-asset de Carmignac. Cet environnement est donc favorable pour la gestion active de convictions. » Sur le terrain des actions, la société de gestion entame donc une rotation en faveur des valeurs dite de qualité « qui retrouvent tout leur attrait quand le cycle économique se retourne », selon Frédéric Leroux. A l'écouter, les valeurs de qualité ont la capacité de faire croître de 10 % leurs résultats. Les technologiques représentant 79% des valeurs de qualité, « il va y avoir une part importante de valeurs technologiques dans nos portefeuilles", a indiqué Frédéric Leroux qui précise que la société « est acheteuse structurelle du Nasdaq depuis longtemps ». A l'inverse, Carmignac est clairement « vendeur d'un panier de valeurs cycliques endettées qui vont souffrir davantage », avance Frédéric Leroux qui ne cache pas sa préférence pour le marché américain en raison, notamment, de la récente réforme fiscale qui a ravivé les programmes de rachat d'actions.

Sur les marchés de taux, la prudence et la sélectivité sont également de mise. « Nous avons été vendeur jusqu'en février et, depuis, nous sommes revenus en territoire positif », a indiqué Rose Ouahba, responsable de l'équipe obligataire. La responsable juge toutefois que le marché est actuellement « trop confiant » à la fois sur une stabilité des taux et sur le financement du déficit américain. « Au sein des marchés développés, nous anticipons un redémarrage haussier des taux qui devra être couvert », avance Rose Ouahba. Dans un tel environnement, « nos moteurs de performance se situeront à la fois sur les dettes périphériques et sur une sélection de souverains émergents », poursuit-elle. En revanche, la responsable ne cache pas « son désamour avec le marché du crédit ». « Les signes de vulnérabilité se multiplient, avec des marges historiquement faibles et un univers de moins bonne qualité, juge Rose Ouahba. Nous allons donc continuer de désinvestir sur ce segment dans les prochains trimestres tout en privilégiant des situations bien spécifiques. »