Carmignac a collecté 2,6 milliards d'euros en 2016

Thomas Carlat, Newsmanagers
Les actifs sous gestion s'élèvent à 55,5 milliards d'euros à fin décembre 2016, contre 53,5 à fin septembre 2016 et 51,8 milliards à fin 2015.

2016 a été une année faste pour Carmignac. L'an dernier, le gestionnaire d'actifs français a en effet réalisé une collecte nette de 2,6 milliards d'euros, a annoncé un porte-parole de la société de gestion à NewsManagers. Grâce à cette performance, les actifs sous gestion s'élèvent désormais à 55,5 milliards d'euros à fin décembre 2016 contre 53,5 milliards d'euros à fin septembre 2016 et contre 51,8 milliards à fin 2015. «2016 a été une année solide de performance», a observé Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement de Carmignac, à l'occasion d'une conférence de presse ce 23 janvier en évoquant notamment les performances de ses fonds. «Les fonds obligataires se sont particulièrement bien tenus et ont réalisé de très solides performances», poursuit-il.

Le dirigeant est revenu sur la nomination récente de David Older au poste de responsable de l'équipe actions. «L'objectif est de structurer davantage notre organisation mais aussi de montrer que la génération d'alpha est extrêmement importante, a indiqué Didier Saint-Georges. La mission de David Older sera d'accroître la génération d'alpha dans nos fonds actions.»

Cette conférence de presse a aussi été l'occasion pour les équipes de Carmignac de partager leurs vues d'investissement pour l'année 2017. S'exprimant sur la situation des Etats-Unis, qui connaît un contexte de solide reprise économique, Frédéric Leroux, gérant global, s'est montré particulièrement prudent sur la politique  qui sera mise en œuvre par Donald Trump. Toutefois, «si Donald Trump baisse vraiment les impôts des sociétés, nous allons voir une amélioration des bénéfices des entreprises et une amélioration des marges qui restent relativement faibles depuis dix ans, ce qui a pesé sur l'investissement des entreprises, a estimé Frédéric Leroux. De meilleures marges impliquent donc davantage d'investissements de la part des entreprises». Le gérant reste également particulièrement attentif à l'évolution des pressions inflationnistes aux Etats-Unis qui ne seraient pas sans incidence sur la politique de la Réserve fédérale (Fed). «L'inflation est là pour rester aux Etats-Unis», a souligné Frédéric Leroux.

Ailleurs dans le monde, le gérant note que «la situation économique continue de s'améliorer». «La croissance économique mondiale est encore faible mais elle a tendance à se synchroniser partout dans le monde, ajoute-t-il. Nous avons devant nos yeux le retour du cycle économique, marqué par un retour de la croissance et de l'inflation. C'est un grand changement.» Dans ce contexte, Frédéric Leroux juge que la grande rotation des obligations vers les actions devrait durer. De fait, «au cours des derniers mois, au sein de nos portefeuilles, nous avons augmenté notre exposition aux valeurs cycliques, en particulier sur l'énergie et les valeurs financières», indique le gérant.

Sur le terrain obligataire, dans un contexte de remontée de taux, Rose Ouahba, gérante taux chez Carmignac, met également en garde contre les pressions inflationnistes en Europe qui pourraient réduire les actions de la Banque centrale européenne (BCE) dans la poursuite de sa politique monétaire accommodante. La gérante juge ainsi que «la prime inflationniste dans les taux européens est toujours sous-estimée et que les taux devraient continuer à se tendre». Dans ce contexte, «les valorisations offrent actuellement peu d'opportunités de hausse des rendements (upside)», a-t-elle jugé. La gérante privilégie donc le marché du crédit où elle voit des «poches de performances et d'opportunités». «Les obligations subordonnées bancaires, et plus précisément les CoCos, offrent de réelles opportunités car les bilans et les fondamentaux des banques se sont bien améliorés, explique Rose Ouahba. Or, ces CoCos sont toujours sous-évalués. Nous conservons une exposition à ce secteur du crédit bancaire subordonné.»