Brexit: 440 sociétés financières ont transféré des activités hors du Royaume-Uni

Adrien Paredes-Vanheule
Le think tank londonien New Financial indique avoir identifié entre autres 126 gestionnaires d'actifs, 81 banques et 65 assureurs ayant participé à ce mouvement.
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Selon un rapport publié par le think tank londonien New Financial, le Brexit a poussé plus de 440 sociétés de services financiers basées au Royaume-Uni à relocaliser tout ou partie de leurs opérations au sein de l'Union européenne. Le think tank indique avoir identifié entre autres 126 gestionnaires d'actifs, 81 banques et 65 assureurs ayant participé à ce mouvement. Il estime que plus de 900 milliards de livres sterling d'actifs gérés par des banques britanniques ont été transférés ou sont en passe de l'être du Royaume-Uni en Europe, soit environ 10% des actifs du système bancaire britannique. S'y ajoutent plus de 100 milliards de livres sterling transférés par les gestionnaires d'actifs.

New Financial explique que ces chiffres pourraient être même en deçà de la réalité. « Lorsque nous avons publié notre premier rapport en mars 2019 sur l'impact du Brexit, nous avions identifié 269 sociétés financières qui avaient transféré des actifs ou des opérations. Depuis, nous avons identifié 170 compagnies supplémentaires qui ont transféré des choses à cause du Brexit. S'il s'agit de l'analyse la plus complète jusqu'alors quant à l'impact du Brexit sur la City, nous pensons qu'il s'agit d'une sous-estimation. Nous ne sommes qu'à la fin du début du Brexit », écrit New Financial.

Sur les 440 sociétés financières identifiées, 420 ont ouvert de nouveaux bureaux pour leur activité européenne. Citée dans d'autres études sur l'impact du Brexit, Dublin est désignée sans conteste comme la grande gagnante des relocalisations d'opérations et d'actifs. Quelque 135 firmes s'y sont installées en raison du Brexit, ce qui représente 25% de tous les mouvements liés au Brexit identifiés. Paris suit au classement avec 102 sociétés attirées devant Luxembourg (93 sociétés), Francfort (62) et Amsterdam (48).

Sur le long-terme, New Financial s'attend à ce que Francfort récupère le plus d'actifs post-Brexit et Paris le plus d'emplois. Pour l'heure, il ne voit pas un seul centre dominer les autres en termes de relocalisations post-Brexit. Le modèle multipolaire s'impose. Le think-tank a identifié près de 70 sociétés ayant ouvert des bureaux dans plusieurs villes européennes en complément du hub qu'ils avaient déjà choisi pour se relocaliser en raison du Brexit. New Financial juge que cette redistribution de l'activité financière au sein de l'UE a ramené le monde financier près de 20 ans en arrière.