BNP Paribas serre les coûts pour compenser la flambée du risque

L'augmentation de la charge du risque a affecté l’ensemble des activités. La banque entend poursuivre la maîtrise de ses frais de gestion.

Il est un domaine où BNP Paribas aurait préféré ne pas battre la Société Générale en 2008. Alors que cette dernière a vu son coût du risque se multiplier par 2,6, la banque de la rue d’Antin fait encore mieux: le sien a plus que triplé, passant de 1,72 milliard à 5,75 milliards d’euros. Par rapport à ses actifs moyens pondérés, il atteint 105 points de base (pb), contre 66 pb pour sa rivale. Logiquement, l’effondrement des marchés de capitaux en 2008 est l’un des principaux responsables de cette dégradation, nécessitant en tout 2,2 milliards d’euros de provisions. Il a engendré la grande majorité du coût du risque dans la banque de financement et d’investissement (BFI), passé de 2 pb en 2007 à… 116 pb (dont 99 liés directement aux marchés de capitaux). En outre, via ses activités de banque de détail, BNP Paribas est exposée à la forte dégradation de la conjoncture aux Etats-Unis, en Espagne et sur les marchés émergents. Le risque de sa filiale américaine BancWest est passé de 88 à 167 pb. La récession espagnole a impacté le crédit à la consommation, métier où les provisions ont atteint 222 pb (contre 156 pb un an plus tôt). Enfin, l’effondrement de la hryvnia ukrainienne a obligé BNP Paribas à passer l’équivalent de 132 pb de charges dans sa filiale UkrSibbank – soit 85% du coût du risque des réseaux émergents (lire aussi page 2). «BNP Paribas gardera un coût du risque élevé en 2009», a prévenu Baudoin Prot, le DG du groupe. La banque va réduire ses effectifs dans les pays émergents. En outre, la banque montera probablement au capital d’UkrSibbank (dont il détient 51%) «dans les mois qui viennent». La banque se désengagera du crédit à la consommation en Thaïlande, Grèce et Allemagne. La maîtrise des coûts est l’une des priorités et des forces de BNP Paribas, qui est parvenue à geler ses frais de gestion dans sa banque de détail en France lors des deux derniers trimestres 2008, ainsi qu’en Italie (BNL) au dernier trimestre. Enfin, comme prévu, l’établissement veut réduire ses coûts de 5% en BFI. Par ailleurs, un programme de réduction des actifs pondérés (lire ci-dessous) devra permettre à la banque de maintenir son ratio de solvabilité tier one toujours supérieur à 7,5%. Il atteindra 8,4% après la souscription de la deuxième tranche du plan de soutien aux banques.