Axa paie à son tour son tribut à la crise financière

L’assureur, qui a enregistré une perte de 1,2 milliard d’euros au second semestre, voit son bénéfice plonger de 83% sur l’exercice 2008.

L'année 2008 restera comme une année à oublier pour Axa. Le deuxième assureur européen a publié, hier, un résultat net en chute libre de 83% à 923 millions d’euros à fin 2008, contre 5,6 milliards d’euros fin 2007. La faute à un mauvais second semestre qui s’est soldé par une perte nette de 1,2 milliard d’euros. Au premier semestre, Axa affichait pourtant un bénéfice de 2,16 milliards d’euros. Depuis, l’assureur a subi de plein fouet la forte volatilité des marchés financiers, dépréciant la valeur de ses actifs. Résultat: Axa a dû passer pour 2,77 milliards d’euros de provisions pour cette raison, en partie compensées par son programme de couverture actions dont l’impact positif est de 1,63 milliard d’euros. Par ailleurs, en vertu des normes comptables IFRS, le groupe a également dû procéder à des ajustements de valeur pour un total de 2,7 milliards d’euros, portant notamment sur ses portefeuilles ABS, actions et investissements alternatifs (859 millions d’euros) et d’obligations d’entreprises (1,5 milliard d’euros). «Le groupe est cependant resté bénéficiaire, a voulu rassurer Henri de Castries, président du directoire d’Axa. Nous avons plutôt bien résisté et notre modèle opérationnel continue de fonctionner.» L’activité commerciale du groupe n’a pourtant pas tourné à plein régime. Si son activité d’assurances dommages a enregistré une légère progression de son chiffre d’affaires (+2,9%), les autres métiers du groupe ont accusé un net ralentissement. Ainsi, les revenus en assurance vie ont reculé de 4% en 2008, et de 8% sur le seul quatrième trimestre. Son pôle de gestion d’actifs n’a pas fait mieux, son chiffre d’affaires reculant de 14%. Pis, ce métier termine l’exercice 2008 avec une décollecte nette de 28 milliards d’euros. Dans ce contexte, Axa a vu sa solvabilité s’éroder mois après mois. Sa marge de solvabilité ressort à 127% à fin 2008, contre 148% au premier semestre. «Nous disposons de 6 milliards d’euros d’excédent, a précisé Henri de Castries. Nous avons les moyens d’absorber d’autres chocs à l’avenir.» L’assureur va pourtant soumettre à l’assemblée générale l’autorisation d’émettre des actions de préférence pour un montant cumulé de 2 milliards d’euros au maximum. Un discours qui ne semble pas avoir convaincu les marchés, le titre Axa ayant perdu 9,14%.