Groupements professionnels

Anseris associe des CGPI à son capital

Le société de Bruno Delpeut offre à ses associés des fonctions supports mutualisées
D’ici cinq ans, la marque ambitionne d’être parmi les grands acteurs du marché
Bruno Delpeut, associé fondateur d'Anseris

Après la cession de ses participations dans Infinitis, Bruno Delpeut a annoncé le 7 février dernier le lancement d’Anseris, un groupe de cabinets de conseillers en gestion de patrimoine associés capitalistiquement. L’objectif d’Anseris : accompagner
les CGP dans leur développement tout en leur permettant de conserver leur indépendance et la propriété de leur clientèle. Comment ? En mettant à leur disposition des fonctions support à haute valeur ajoutée. « Une nécessité dans un environnement réglementaire de plus en plus exigeant », souligne le dirigeant. A horizon cinq ans, Bruno Delpeut table sur cinq milliards d’encours confiés pour compter parmi les cinq acteurs de référence de la gestion de patrimoine.

Structuration du groupe. Deux noms de la gestion institutionnelle, dont la banque Delubac (16,5 % du capital) accompagnent le créateur d’Anseris (33 % du capital) dans son projet. Le second institutionnel, un fonds d’investissement, souhaite rester anonyme. Les cabinets qui les rejoindront seront associés à hauteur de 5.000 euros - un ticket d’entrée unique. A terme le pool d’indépendants devrait détenir 35 % à 40 % du capital. Là où d’autres acteurs ont choisi la croissance externe, Bruno Delpeut plébiscite la « croissance agrégée » en associant les structures référentes de la profession sur le plan national.

Les CGPI cible. L’offre vise particulièrement les cabinets de taille moyenne - entre un à cinq associés  -  qui représentent 88 % du marché des CGPI. Au lancement, six structures se sont déjà associées au groupe et une vingtaine d’autres attendent le verdict de la commission de validation des entrants. Or n’entre pas qui veut. D’une part parce que le dirigeant a fixé un numerus closus de 100 à 150 cabinets associés, avec un nombre maximum de détenteurs de la marque par ville. Dix cabinets au plus sur Paris et un maximum de cinq dans les plus grandes villes de France. Aucune condition d’encours n’est posée, « ce que nous recherchons ce sont avant tout des candidats force de proposition avec une réelle dynamique entrepreneuriale et une forte technicité », indique Bruno Delpeut. Tous les associés devront avoir les quatre statuts indispensables à la profession (Orias, CIF, IOBSP, carte T) ainsi qu’un troisième cycle universitaire. Une fois associés, les cabinets s’engagent à suivre des cycles de formation réguliers et se soumettent à un audit réglementaire tous les quatre ans.

Fonctions support. Passée la sélection, les élus disposeront de différentes fonctions support de type marketing, ressources humaines ainsi que l’aide du département d’ingénierie patrimoniale du groupe. Goose, l’interface réglementaire totalement digitalisée permet l’accès à l’information et à des outils de gestion commerciale et administrative. Des services accessibles moyennant une cotisation forfaitaire de 10.000 euros par an. De son côté, la société a déjà annoncé vouloir investir annuellement entre 75.000 et 100.000 euros pour développer son outil. A terme, Bruno Delpeut veut faire de ses associés des « banquiers privés locaux » en leur permettant, avec le concours de la banque Delubac, de distribuer des moyens de paiement et une gamme de produits habituellement réservée aux grands comptes.

Modèle de rémunération. Anseris s’engage à verser 50 % des bénéfices réalisés à ses associés. Chacun d’eux perçoit l’intégralité des commissions négociées par eux ou par la holding de tête. Leur cotisation annuelle de 10.000 euros sert exclusivement aux frais de fonctionnement d’Anseris et à son développement. Aucun complément de rémunération n’est dû. En considérant le numerus closus décrété par Bruno Delpeut, le chiffre d’affaires de la société ne pourra à terme dépasser un million à 1,5 million d’euros. Interrogé sur la pérennité de son modèle, Bruno Delpeut assure que les faibles coûts de fonctionnement d’Anseris rendent la société viable et lui laissent toute latitude pour financer son développement.