Sondage : les français en faveur d’un renforcement du secret professionnel de l’avocat

L'Ordre des avocats de Paris, soucieux de préserver la confidentialité des échanges entre un avocat et son client, réitère son appel à une réforme du système des écoutes (articles 100 et suivants, article 706-95 du Code de procédure pénale) conformément aux engagements pris par le Président de la République le 20 mars dernier.

Dans ce cadre, l'Ordre des avocats de Paris a souhaité mener un sondage auprès des Français pour s'enquérir de leur compréhension des enjeux liés au respect du secret professionnel.

En voici les principaux résultats :
- 85% des 4016 personnes sondées ont déclaré que la protection du secret confié par le client à son avocat est une valeur fondamentale de notre société.
- 79% des 4016 personnes sondées s'opposent à ce que leurs échanges avec leur avocat dans le cadre d'une affaire de Justice puissent être écoutés, 71% qu'ils puissent être retranscrits et 67% qu'ils puissent être versés au dossier du Tribunal.

Pierre-Olivier Sur, bâtonnier de Paris, se réjouit de l'adhésion des citoyens à son combat pour la réforme des écoutes téléphoniques: "Ce sondage prouve que le renforcement de la protection du secret professionnel de l'avocat n'est pas une revendication corporatiste réservée aux seuls avocats. Les Français attendent de l'Etat, du Président de la République et de la Garde des Sceaux, une réforme sociétale d'ampleur sur ce sujet. Nous attendons désormais une réponse rapide et concrète du gouvernement".

Il faut s'inspirer du modèle américain que nous décrit Maitre Dreyfuss, président de l'Union Internationale des Avocats : « pour pouvoir placer un avocat sur écoute aux Etats Unis, le procureur doit s'adresser à un " juge neutre et détaché " ». Ce juge existe déjà en France, il s'agirait soit du président du Tribunal de grande instance ou du juge des libertés et de la détention.

Communiqué, Ordre des avocats de Paris, 2 octobre 2014