UBS tient tête aux justices française et américaine

La banque suisse opte pour la confrontation face aux poursuites engagées par les Etats-Unis en lien avec les subprimes. Comme pour son procès en France.

Par L'Agefi Quotidien


UBS a choisi le déni. Déni des poursuites engagées jeudi dernier par les autorités américaines dans le dossier des subprimes. Et déni des accusations du Parquet national financier, qui a requis le même jour une amende de 3,7 milliards d’euros à l’encontre du numéro un mondial de la gestion de fortune, soupçonné de démarchage illicite et blanchiment de fraude fiscale en France. L’avenir dira si le pari du géant bancaire suisse est gagnant. Vendredi, le titre UBS a clôturé en repli de 2,65% à la Bourse de Zurich.

Aux Etats-Unis, le département de la Justice (DoJ) a intenté une action civile contre le groupe helvète, accusé d’avoir trompé les investisseurs en leur vendant 41 milliards de dollars (36 milliards d’euros) de titres adossées à des prêts hypothécaires (RMBS) risqués en 2006 et 2007, juste avant la crise des subprimes. Les autorités ont engagé les poursuites après le refus d’UBS de régler à l’amiable près de 2 milliards de dollars, selon une source citée par Reuters.

Il y a deux ans, Credit Suisse a passé un accord à 5,3 milliards de dollars dans le dossier RMBS, et Deutsche Bank a négocié une sanction de 7,2 milliards, au lieu des 14 milliards réclamés initialement par le DoJ. Mais cette année, un autre européen, Barclays, a été condamné à 2 milliards de dollars d’amende seulement dans une affaire similaire, bien moins que les 5 milliards réclamés à l'amiable selon Bloomberg.

UBS n’était pas un important originateur de crédits hypothécaires, mais les produits titrisés qu’il a vendus ont entraîné de «pertes catastrophiques», a déclaré le procureur général de Brooklyn. La banque incriminée «va contester la plainte vigoureusement», estimant qu’elle n’est «pas soutenue par les faits ou la loi». En gage de sa bonne foi, UBS indiquait vendredi avoir perdu 45 milliards de dollars sur les 100 milliards investis dans les RMBS.

En France, UBS espère aussi s’en tirer à bon compte, après son refus de négocier. Le ministère public a pourtant requis une amende de 3,7 milliards d’euros, égale au total des avoirs de ses clients repentis. Et l’Etat réclame 1,6 milliard d'euros de dommages et intérêts à la banque, qui a déjà versé une caution de 1,1 milliard. Le groupe suisse critique un «calcul irrationnel». «Les Français demandent beaucoup, peut-être dix fois plus que ce que j’estime qu’UBS a provisionné, déclare Daniel Regli, analyste de MainFirst cité par Bloomberg. Au maximum, la moitié de ce montant serait réaliste». Les plaidoiries de la défense débutent ce lundi.