Rétrocessions : les associations du milieu financier lancent l'offensive

Une étude milite pour le système de commissionnement au moment où l'Union européenne remet une fois de plus sa légitimité en cause.

Alors que le débat sur la légitimité des commissions et la transparence du conseil fait rage au niveau européen, les lobbies financiers ont décidé de pousser le débat hors des murs de la Commission. L'AFG, la FBF, l'Anacofi, la CNCGP, la CNCEF... Des associations de la finance française, mais aussi espagnole et italienne (1) rendent public une étude menée par le cabinet de conseil KPMG pour comparer les deux modèles de distribution existant. 

La principale conclusion de l'étude - dont le contenu avait été dévoilé par NewsManager début février - est que les pays qui interdisent les commissions au profit des honoraires réservent de facto les prestations de conseil aux particuliers les plus aisés. Le seuil minimum de patrimoine est estimé à 100.000 livres au Royaume-Uni et 500.000 euros aux Pays-Bas. 

Passé le constat de la barrière au conseil personnalisé, KPMG s'attarde également à comparer les coûts supportés par le client dans chaque modèle, considérés comme similaires. 

«Il est important que chaque européen soit accompagné dans les meilleures conditions en préservant la liberté de choisir le modèle d’accompagnement qui convient le mieux à sa situation», milite l'AFG dans une note accompagnant la publication de l'étude.

En opposition frontale avec les conclusions de l'étude Better Finance s'était, avant même sa sortie officielle, attaqué à ses biais dans une contre-recherche. D'après l'association, le document ne couvre que 9% des investisseurs particuliers en Europe mais extrapole l’incidence négative d’une interdiction totale de rétrocessions à l’ensemble du marché. Le conseil serait toujours accessible dans les pays où les commissions ont été interdites : d'après les chiffres de Better Finance, aux Pays-Bas, trois particuliers sur quatre et neuf entreprises sur dix sont clients de sociétés de conseil en investissement indépendantes.

(1) L’AFG (Association de la Gestion Financière), l’AFPDB (Association française des produits d’investissement de détail et de bourse), l’Amafi (Association française des marches financiers),  l’Anacofi (Association nationale des conseils financiers), la CNCEF (Chambre nationale des conseils experts financiers), la CNCGP (Chambre nationale des conseils en gestion de patrimoine), la Compagnie des CGP, la FBF (Fédération bancaire française) ;
En Espagne : Inverco (Asociación de Instituciones de Inversión Colectiva y Fondos de Pensiones), l’AEB (Aso- ciación Española de Banca), la Ceca (Confederación Española de Cajas de Ahorros) et l’Unacc (Unión Nacional de Cooperativas de Crédito) ;
En Italie : la Febaf (Federazione Branche Assicurazio- ni Finanza), l’ABI (Associazione Bancaria Italiana), AS- Sogestioni, Assoreti (Associazione delle Società per la Consulenza agli Investimenti) et Assosim (Associa- zione Intermediari Mercati Finanziari).