Pertes et profits

l y a des événements qui peuvent influer sur les marchés comme l’arrivée d’Obama, attendu, sans doute un peu trop, comme le messie. Et puis il y a les chiffres. Avec un coup de bambou de 42,7 % pour les marchés développés et de 54 % pour les émergents, les indices recensés par Standard & Poor's totaliseraient 17.000 milliards de dollars de pertes boursières pour 2008. Si l’on prend soin de préciser - ce qui n’est pas toujours le cas dans une approche grand public - qu’il ne s’agit que de moins-values potentielles, on se consolera du recul de 42,68 % du CAC 40 par la performance encore plus exécrable de nombreuses autres Places, aux pires rangs desquelles figurent l’Irlande parmi les développées (-69,9 %) et la Russie du côté des émergentes (-73,6 %).  Grâce à la contribution de quelques mastodontes - Total et, très provisoirement, ArcelorMittal - les profits des principales sociétés cotées à Paris ne seraient qu’en recul de 5,4 % en 2008 à 94 milliards d’euros. Mais foin du rétroviseur. Si l’on regarde droit devant, le baromètre des profits est résolument à la baisse pour les entreprises européennes. Partant d’un repli observé de leurs résultats de 35 à 40 % lors des quatre dernières récessions, Schroders, comme d’autres gérants, anticipe une chute de cet ordre en 2009. Cela placerait le rapport cours-bénéfice moyen autour de 14 fois, en ligne avec la tendance de long terme. A l’aune de cet indicateur, il va falloir être fichtrement sélectif dans la chasse aux bonnes affaires et surveiller le marché comme le lait sur le feu. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les projections d’évolution des indices pour les mois à venir font le grand écart à ce stade.