Grand Prix des Jeunes Diplômés 2018

Paris-Dauphine imprime une nouvelle fois sa marque

La seizième édition du Grand Prix des Jeunes Diplômés qui a compté dix-huit établissements concurrents a été l’occasion pour Paris-Dauphine de rafler encore le Grand Prix de l’Ingénierie.
Derrière, de nets changements dans le classement sont intervenus avec des cursus de province en grande forme dont l’université de Lille II qui compte dans ses effectifs le vainqueur du Grand Prix du Conseil.
Photo : Nicolas Kalogeropoulos

A plus d’un titre, le Grand Prix des Jeunes Diplômés cette année est à marquer d’une pierre blanche. Tout d’abord, parce que l’édition 2018 a vu la réglementation du prix évoluer. Les bases n’ont pas changé, mais sur certains points, la sélection a été plus sévère. Ensuite et surtout parce qu’une partie du classement a connu des changements notables par rapport aux années précédentes – sans lien pour autant avec la mise en place des nouvelles règles en vigueur. Ce constat a contribué à faire du seizième Grand Prix des Jeunes Diplômés un événement avec un « finish » haletant.
Comme c’est le cas depuis seize ans, BNP Paribas Banque Privée et la Compagnie des experts et des conseils financiers (CCEF), les deux partenaires de L’Agefi Actifs, ont été à la manœuvre depuis plus de six mois pour donner corps à cette nouvelle édition. En fournissant l’étude patrimoniale dès le début du mois de décembre 2017, la CCEF a donné le coup d’envoi du Grand Prix de l’Ingénierie, première composante de l’événement. À charge pour les différents masters ayant relevé le défi de s’affronter en pouvant compter sur un collectif composé de cinq étudiants maximum par cursus. À partir d’une grille d’appréciation qui tient compte d'éléments comme l’identification du contexte, la présentation du document, la clarté de l’exposé, la relation avec le client, la longueur de l’exposé, etc, le CCEF a noté le travail réalisé par chaque groupe. À ce titre, en étant composé d’experts représentant l’interprofessionnalité dans l’univers de l’ingénierie patrimoniale, il est tenu compte de l’analyse de fond, de la qualité des préconisations juridiques, fiscales et financières, et leurs adéquations avec les attentes du client. À cela s’ajoutent d’autres éléments dont la qualité de l’argumentaire. Au terme d’un passage en revue d’une multitude de critères de jugement, le jury rend son verdict. Au rang des nouveautés à prendre en compte, cette année, sur les 18 masters inscrits, seuls les dix premiers par leur note sont autorisés à poursuivre l’aventure et briguer une place pour le Grand Prix du Conseil.
Ce dernier constitue l’autre composante du Grand Prix des Jeunes Diplômés. Il a pour objectif de consacrer un étudiant et non plus une équipe. Cela étant, pour déterminer les masters en mesure de présenter leurs jeunes diplômés, un premier tri doit être opéré. Il passe pour chaque étudiant par un entretien de type contact clientèle sur la base du « cas pratique » étudié. De façon très concrète, les candidats doivent simuler la découverte du client. Cette épreuve orale est réalisée au sein de chaque université par des membres du réseau de BNP Paribas Banque Privée. Ensuite, un classement est établi en agrégeant la note écrite de l’étude et les notes orales des étudiants pour chacun des dix premiers masters. Ce n’est qu’au terme de cette pré-sélection par équipe que va être déterminée la liste des jeunes diplômés en mesure de participer à la finale à Paris. Justement, cette année – autre nouveauté - les conditions de sélection ont été durcies. 
Ce ne sont plus les six premiers cursus qui ont été retenus pour l’épreuve le jour de la remise des prix, mais seulement les trois premiers. Soit quinze élèves maximum. En pratique, le jour « J », les étudiants sont interrogés une nouvelle fois sur la base du cas étudié, en prenant en compte la restitution des solutions patrimoniales aux clients. Pour cela, les experts de BNP Paribas Banque Privée jouent le rôle du couple étudié et attendent d’être convaincus en une demi-heure par les solutions patrimoniales préconisées. À ce jeu, la présentation, les connaissances techniques, mais également la réactivité sont scrutés attentivement. Pour établir le podium du Grand Prix du Conseil, c’est donc le fond et la forme qui comptent, avec à la fois une partie technique et une partie commerciale. 

Grand Prix de l'Ingénierie

Reste à éplucher en détail les classements de cette année dont il est ressorti quelques surprises.
À commencer dans le Grand Prix de l’Ingénierie, une présence affirmée de masters enseignés en Province. Certes, Paris Dauphine et plus précisément le master Droit du Patrimoine Professionnel (223) a une nouvelle fois ravi la première place. Certes, véritable machine de guerre, ce dernier, sous la responsabilité de Sophie Schiller, est le plus titré de la compétition après l’avoir remporté en 2005, 2007, 2014, 2015, 2016 et 2017 (ex-aequo). Cependant, la Province a assuré. Sur les dix masters les mieux notés sur 18, ils sont sept à avoir brillé (voir tableau) et passé les oraux. Par ailleurs, en ce qui concerne la notation, cette année s’est également distinguée par un grand nombre d’ex-aequo. Pas moins de cinq sur les dix retenus, ce qui en dit long sur la qualité des études assurées sur le territoire et la difficulté croissante pour les correcteurs pour départager les équipes d’étudiants. En outre, les cursus de province qui se sont distingués ne sont pas ceux des années précédentes, à l’image de Lyon 3 l’an dernier. Ainsi, derrière Dauphine et son brillant 15/20 figure ESEMAP-Université d’Angers avec une note de 14/20. Puis, c’est au tour d’une nouvelle parisienne – l’IAE Gustave Eiffel de Paris Est Créteil Val-de-Marne – de s’illustrer en occupant la troisième place du podium, avec 13/20. Ensuite, hormis l’Université Clermont Auvergne avec son Master 2 Parcours Gestion de Patrimoine et l’IAE Caen, avec respectivement 12,5/20 et 12,1/20, l’ensemble des autres concurrents ont obtenu une note de 12/20. On y retrouve l’Université de Lille II (Master 2 Parcours Gestion de Patrimoine), l’Université Aix-Marseille (Master Droit de la Banque et des Opérations Patrimoniales) et École Supérieure des Professions Immobilières – également à Marseille – l’Université d’Orléans (Master 2 Droit et Gestion du Patrimoine Privé) et enfin Paris Panthéon Assas (Master 2 Gestion de Patrimoine Privé et Professionnel). La place et la note de ce master surprend un peu dans la mesure où il occupait le haut du podium avec Dauphine l’an passé, et qu’il s’agit d’un habitué des places d’honneur.

Grand Prix du Conseil

Conformément au règlement, le vainqueur du Grand Prix du Conseil a été connu dans l’après-midi précédent la remise de prix. Avant cela, les quatorze concurrents des trois masters ont été invités en l’espace d’une demi-heure à convaincre un jury. Première surprise, Paris Dauphine, en dépit de son excellente note à l’écrit a été battu au cours des oraux en région et ne faisait pas partie des trois premiers. Ce sont les étudiants des cursus d’Angers, Caen et Lille qui ont obtenu le droit de revenir en finale. Un carton plein venu de Province et dont les résultats finaux ont respecté la diversité. Ainsi, Léo-Paul Bros, étudiant du Master 2 Parcours de gestion de Patrimoine de l’Université de Lille s’est vu remettre le diplôme de lauréat par Béatrice Belorgey, directeur de BNP Paribas Banque Privée, devant Charles-Antoine
Brindjonc, du Master 2 Gestion de patrimoine ESEMAP de l’Université d’Angers, félicité par Lila Vaisson-Béthune, responsable de l’ingénierie et Conseil Patrimonial. Enfin, la troisième marche du podium est revenue à Julien Vannobel du master Gestion de patrimoine de l’IAE Caen. Chargé de lui remettre son diplôme, Silvestre Tandeau de Marsac, président du jury de l’écrit et vice-président de la CCEF en a profité pour rappeler l’importance de l’ingénierie patrimoniale, l’interprofessionalité que l’on y retrouve et la latitude dont disposent les étudiants pour mettre en évidence leurs connaissances. Quant à Béatrice Belorgey, elle a noté l’intérêt et même l’engouement de ce Grand Prix des Jeunes Diplômés au fil des ans et les talents qui ont pu s’y illustrer. Et le classement de cette année permettant à six établissements différents de se distinguer sur deux podiums distincts a bien démontré que la qualité des enseignements dispensés et des étudiants récompensés étaient pour le coup bien partagés au sein des cursus représentés