L'Ukraine adapte son cadre réglementaire aux cryptoactifs

Le gouvernement ukrainien a lancé un appel aux dons aux cryptomonnaies et aurait recueilli plus de 11 millions de dollars.
Geralt

Une intuituition ? Le Parlement ukrainien a adopté, quelques jours avant l'invasion russe, un projet de loi régulant l'usage des «actifs virtuels» - appelés chez nous actifs numériques - dont les cryptomonnaies. Si leur usage n'étaient pas interdit, les plateformes d'échanges évoluaient dans une zone grise du droit ukrainien. Elles devront désormais obtenir une licence et déclarer leur activité auprès de la Commission nationale des valeurs mobilières et des marchés boursiers (NSSMC). La Banque nationale d'Urkaine (BNU) sera en charge de la régulation du secteur. Un prélable nécessaire pour attirer des acteurs étrangers sur le territoire ukrainien, qui pourraient également être séduits par un taux d'imposition de 5% sur leurs bénéfices. 

L'approche est radicalement différente de celle du Salvador qui a fait du bitcoin sa seconde monnaie légale. Le texte, qui différencie actif virtuel garanti (les stablecoins) et non garanti, ne considère pas les cryptomonnaies comme de véritables monnaies : les devises numériques sont désignés comme des actifs. Les Ukrainiens doivent toujours détenir des hryvnia, le monnaie ayant cours légale, pour régler leurs achats. Le gouvernement prévoit par ailleurs d'utiliser l'énergie excédentaire des centrales nucléaires du pays pour alimenter le minage des cryptomonnaies. 

Un afflux de dons 

Depuis l'invasion russe, le gouvernement ukrainien a fait un appel aux dons, indiquant sur les réseaux sociaux que le bitcoin, l'éthereum et l'USDT étaient acceptés. Au total, ce serait d'après l'exécutif ukrainien plus de 11 millions de dollars de dons qui auraient afflué, dont plus de la moitié en ethereum. A voir si la Russie, où plusieurs banques nationales vont être exclues du système de messagerie interbancaire Swift, pourrait aussi être tentée par les cryptomonnaies pour contourner les sanctions internationales. 

Un actif déjà largement répandu 

Les ukrainiens sont friands de cryptomonnaies : leur nation se place au quatrième rang mondial, après le Vietnam, l'Inde et le Pakistan, de celles qui comptent le plus d'utilisateurs (5,5 millions, soit 12,7% de la population). Le volume moyen quotidien des transactions dépasseraient celui des échanges interbancaires, pour un montant estimé entre 150 millions et 200 millions de dollars. Une appétence que la corruption systémique qui règne dans le pays - le deuxième le plus corrompu d'Europe après la Russie selon l'ONG Transparency International - n'a fait que renforcer.