L’UFC alerte sur une nouvelle flambée des taxes foncières en 2023

Gaetan Pierret
L’inflation à 6,2% devrait encore tirer les valeurs locatives cadastrales à la hausse et pousser les maires à voter des hausses d’imposition locale.

La coupable est bien connue mais elle devrait à nouveau faire des dégâts l’année prochaine. L’UFC prévient dans une note du 21 novembre dernier que l’inflation devrait à nouveau faire bondir les taxes foncières l’année prochaine.

La hausse des prix à la consommation a un double effet. Elle frappe au premier niveau les valeurs locatives cadastrales des biens immobiliers qui sont basées dessus et revalorisées chaque année, dans la même proportion que sa hausse. Selon l’Insee, l’inflation commence à se stabiliser : elle est en hausse de 6,2% en novembre, soit autant que le mois précédent. Pour autant, cela signifie que tous les propriétaires verront leurs taxes foncières augmenter de 6,2% en 2023…A minima !

Car l’inflation pèse aussi sur les dépenses des collectivités. Les maires sont notamment aux prises avec une flambée incontrôlable de leurs factures énergétiques. Résultat, ils n’ont d’autres choix que de jouer les éocnomies de bout de chandelle : réduction de l’éclairage public, du chauffage dans les lieux publics, fermetures d’infrastructures…Sans que le système D soit forcément suffisant. En 2023, ils risquent donc d’être nombreux à augmenter les taux d’imposition locaux. «De nombreuses collectivités locales ont d’ores et déjà fait des annonces en ce sens», souligne l’UFC dans sa note. Certaines avancent même la suppression de la taxe d’habitation, pas entièrement compensée par les dotations d’Etat, comme raison supplémentaire de frapper davantage les propriétaires au porte-monnaie.

Les parisiens eux, en sont déjà pour leurs frais : la maire Anne Hidalgo (PS) a d’ores et déjà annoncé son intention de faire voter une augmentation de l’impôt local de près de 50%, faisant passer le taux d’imposition de 13,5% à 20,5%. Nul doute que d’autres villes lui emboîteront le pas tant elles sont nombreuses à dénoncer une situation devenue ingérable. A l'instar de Grenoble qui a déjà indiqué que la hausse pourrait être compris entre 15% et 25%.

Ces nouvelles augmentations ne feraient que s’inscrire dans une tendance plus longue. Entre 2010 et 2020, les recettes issues du paiement de la taxe foncière ont bondi de 50%, passant de 23,5 à 35,3 milliards d’euros selon la Direction générale des collectivités locales (DGCL) que l'UFC reprenait dans une précédente note. «Certes, l’augmentation du nombre de constructions explique en partie ces 11,8 milliards de plus, avance l'association. Mais pas seulement ! Les bases d’imposition de la taxe foncière ont aussi été revalorisées de 14,2 % en 10 ans, et les taux d’imposition votés par les collectivités de 15,5%. »