L’origine de la décote et de la prime sur ANR

La traditionnelle décote des foncières cotées par rapport à leur actif net réévalué (ANR) reflétant les différents frottements fiscaux, et notamment les plus-values de cession à acquitter lors de la liquidation des actifs qui existait jusqu’en 2003, a été gommée lors de l’avènement du statut SIIC instaurant un régime de transparence fiscale. Laissant place à de fortes primes durant les années d’euphorie qui ont suivi, la décote sur ANR n’a pourtant pas complètement disparu de la circulation.

L’Agefi Actifs.- A quoi correspond la décote d’aujourd’hui ?

Philippe Tannenbaum senior advisor, IEIF (1). - Plusieurs raisons peuvent expliquer le phénomène de décote. Tout d’abord, le marché ne croit pas aux valeurs vénales des actifs : soit il pense qu’elles sont moins élevées que celles annoncées par l’évaluateur de la société, soit il anticipe qu’elles vont baisser. Ensuite, la faible liquidité, même si l’argument n’est pas déterminant, peut contribuer à maintenir une action en situation de décote permanente. C’est le cas en ce moment des petites et moyennes foncières.

A contrario, qu’est-ce qui justifie des primes sur ANR ?

- La conviction des actionnaires dans la capacité de la foncière à créer de la valeur mais aussi leurs anticipations à la hausse du marché immobilier, même si le cours des actions ne reflète pas toujours l’évolution de leurs sous-jacents, le secteur étant avant tout corrélé au marché boursier. A ce jour, une prime est accordée aux foncières qui détiennent du commerce.

(1) Institut de l'épargne immobilière et foncière.