L’opacité de l’information sur EDF perdure

Bruno de Roulhac
Le conseil d’EDF aurait revoté dimanche soir sur le projet d’OPA de l’Etat, après avoir reçu de nouvelles informations. Le collège de l’AMF pourrait se prononcer mardi.
(RK.)

Le suspense grandit. Alors que le Collège de l’AMF se tient ce mardi, donnera-t-il son feu vert à l’offre sur EDF ? Si l’Etat espérait initialement obtenir le visa de conformité le 8 novembre, « il n’y a aucun retard […] et on va regarder de très, très près » l’offre, a répété lundi Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF, sur les ondes de BFM Business, rappelant que l’AMF prendra « le temps nécessaire pour examiner cette offre », mais « ça ne veut pas dire qu'on va forcément faire durer éternellement ».

En outre, « est-ce que l'information nécessaire pour que les gens se forment leurs opinions […] a été suffisamment détaillée et disponible », a ajouté Marie-Anne Barbat-Layani. Cette information, insuffisante selon certains minoritaires, reste une pierre d’achoppement. D’ailleurs, EDF a tenu un conseil d’administration dimanche soir, pour apporter des compléments d’information sur l’opération, selon plusieurs sources contactées par L’Agefi. Les administrateurs auraient même voté de nouveau sur le projet d’offre de l’Etat. Avec un nouvel administrateur, Luc Rémont, coopté par le conseil deux jours auparavant. Celui, dont la nomination comme PDG devrait être effective après le prochain conseil des ministres, aurait donc voté. Alors même que les administrateurs nommés par l’Etat se sont déportés lors du vote du 27 octobre. Jean-Bernard Lévy, actuel PDG d’EDF, aurait également voté. Ce qui aurait donné sept voix pour et six contre, confie un proche du dossier. Si la question du déport du PDG se posait déjà le 27 octobre, celle du futur PDG s’ajoute aujourd’hui. De plus, si de nouvelles informations ont été communiquées aux administrateurs, pourquoi n’ont-elles pas été données au marché ? Contactés par L’Agefi, EDF a seulement confirmé le conseil de dimanche soir, tandis que l’AMF s’est refusée à tout commentaire.

En attendant, « les minoritaires nous écrivent très massivement et feront certainement des recours », constate Marie-Anne Barbat-Layani. De fait, Sophie Vermeille représentant de fonds américains, s’est étonnée lundi dans un message à l’AMF, qu’« aucune communication de la société EDF n’a été faite au marché […] sur le contentieux en cours contre l’État », ni sur le devenir d’EDF dans les prochains mois, à la suite de la publication du rapport du député Philippe Brun. Elle invite le collège de l'AMF « à repousser à nouveau sa décision dans l'attente d'une communication publique de l'EDF/de l'État qui doit être nécessairement antérieure » à la décision du régulateur.