L'Institut Montaigne chiffre les propositions des candidats sur les transmissions

Les propositions des candidats de gauche laissent entrevoir des économies substantielles pour les finances publiques, tandis que celles des candidats de droit alourdissent le déficit.
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A quelques encablures du premier tour de l'élection présidentielle 2022, l'Institut Montaigne tease sa traditionnelle opération de chiffrage des propositions des candidats. L'amorce s'est faite sur la question des transmissions, dont la place dans la campagne enfle à mesure que l'échéance se rapproche. La revue concerne uniquement les candidats crédits de plus de 5% d'intentions de vote. 

Jean-Luc Mélenchon 
Proposition : plafonner l'héritage des grandes fortunes à 12 millions d'euros. L'institut souligne le risque d'inconstitutionnalité de la mesure en raison du caractère confiscatoire de l'impôt. 
Recettes supplémentaires : 9 milliards d'euros. 

Yannick Jadot
Propositions : réhausser l'abattement à 200.000 euros par héritier en le calculant sur l'ensemble de la vie de l'héritier; il ne serait donc plus réinitialisé tous les 15 ans. Suppression des niches fiscales. 
Recettes supplémentaires : 7,7 milliards d'euros par an. 

Valérie Pécresse
Propositions : relever l'abattement sur les droits de succession à 200.000 euros en ligne directe et 100.000 euros pour les frères/soeurs/neveux/nièces. Réduire le délai de rappel fiscal pour les donations familiales à 6 ans 
Coût pour les finances publiques : 2,8 milliards pour le relèvement de l'abattement et 1,72 milliard d'euros pour la réduction du délai de rappel fiscal. Le chiffre est contesté par l'équipe de campagne de la candidate qui considère que la mesure sera neutre pour les finances publiques en raison d'un retour fiscal grâce à la propension à consommer plus élevée des ménages jeunes. 

Marine Le Pen 
Proposition : réduire le délai de rappel fiscal pour les donations familiales à 10 ans.
Coût pour les finances publiques : 956 millions d'euros.

Eric Zemmour 
Propositions : relever l'abattement sur les successions de parents et grand-parents à 200.000 euros. Exonérer de droits de donation et de succession les transmissions d'entreprises familiales. 
Coût pour les finances publiques : 2,75 milliards d'euros, mais l'Institut Montaigne souligne que l'ampleur de cette modification est potentiellement très importante si elle est utilisée pleinement par les contribuables. 5 milliards d'euros par an pour les transmissions d'entreprises. L'équipe du candidat a proposé un contre-chiffrage à 1,35 milliards d'euros.