Banques privées

L’instabilité financière et fiscale condamne à l’attente

Entre une crise de la dette qui n’en finit pas, un cadre fiscal en pleine mutation et l'élection présidentielle, l’environnement actuel ne favorise aucunement les prises de décisions.

S’il fallait déterminer la frontière entre clientèle privée haut de gamme et clientèle très fortunée, à quel niveau placerait-on le curseur ? Car c’est bien de cela dont il s’agit ici, du périmètre à partir duquel un client va être confronté à des problématiques de changement de résidence fiscale ou d’optimisation patrimoniale impliquant l’intervention de conseils spécialisés en la matière.

D’après certains banquiers privés, c’est à partir de 12 à 15 millions d’euros de patrimoine que les clients commencent à s’intéresser de près à ces questions. Pour ce type de profil, l’issue de l’élection présidentielle sur sa stratégie patrimoniale n’est sans doute pas complètement neutre, quoique le gouvernement en place n’a pas attendu l’échéance électorale pour agir. Ce qui ne veut pas dire qu'ils s’apprêtent à quitter le pays ou même y songent, mais la réflexion leur est ouverte. Pour tous les autres, qu’ils détiennent un, deux ou trois millions d’euros, ils subissent plus la fiscalité qu’ils ne la contournent. Non pas qu’ils soient privés de toute solution, mais la marge de manœuvre reste, somme toute, assez limitée. Cependant, ce n’est pas tant cet état de fait que l’instabilité fiscale qui exaspère ces clients, alors qu'ils sont prêts, pour un grand nombre d’entre eux, à en croire les témoignages des banquiers privés recueillis par L’Agefi Actifs, à relever le défi de la solidarité et du redressement de la France.

Ce changement sans fin des règles du jeu les excède d’autant que, prises dans la précipitation, les mesures de rigueur sont jugées discutables. La crédibilité des politiques, quels qu’ils soient, est mise à l’épreuve, si bien que plusieurs professionnels prévoient déjà un retour en arrière sur certaines décisions qui, de leur point de vue, se révéleront, à coup sûr, inefficaces. Dans ce contexte, peut-on reprocher aux banquiers privés de privilégier l’attente à l’action ?