Global Invest Forum-L'Agefi

L'Esma défend le statu quo pour la recherche financière

Alexandre Garabedian
Steven Maijoor, président de l'Esma, estime que la facturation séparée de la recherche actions sur les valeurs moyennes n'a pas à être remise en cause par Bruxelles.

Pas touche à l’«unbundling». La séparation stricte pour les investisseurs entre frais de recherche et frais de transaction n’a pas à être remise en cause dans le cadre de la révision de la réglementation européenne MIF 2, a estimé jeudi Steven Maijoor, le président de l’Autorité européenne de supervision des marchés (Esma). «Les coûts de transaction doivent être séparés. Dans la vie normale des affaires, vous payez pour ce que vous consommez. Nous savons que cette mesure a permis de diminuer les frais payés par les gestionnaires d’actifs et, en dernier ressort, par leurs clients», a souligné le dirigeant, qui s’exprimait à l’occasion du Global Invest Forum organisé les 8 et 9 octobre à Paris par L’Agefi.

MIF 2 a imposé en janvier 2018 aux courtiers de facturer à part leurs frais de recherche, notamment pour les actions, qui étaient autrefois noyés dans les coûts d’exécution des ordres d’achat et de vente. Selon ses détracteurs, la règle aurait poussé les brokers à arrêter de suivre les petites et moyennes valeurs, là où les volumes de transaction sont limités, faute de pouvoir rentabiliser la recherche, et aurait donc compliqué l’accès de ces entreprises au marché. D’où la proposition de la Commission européenne, cet été, de tout remettre dans un pot commun pour les capitalisations boursières inférieures au milliard d’euros.

«La recherche financière sur les valeurs moyennes décline depuis très longtemps, c’est un problème de long terme, a répondu jeudi Steven Maijoor. MIF 2 n’a pas eu d’impact négatif». Une affirmation fondée sur la nouvelle étude que l'Esma a publiée en septembre dans son dernier rapport sur les risques et les vulnérabilités des marchés.

Ces réflexions s’inscrivent dans un débat plus large sur l’accès des entreprises au financement en capital, relais nécessaire des dettes accumulées durant la pandémie. Gabriel Bernardino, le président de l’Eiopa, superviseur européen des assureurs et fonds de pension, a confirmé lors du Global Invest Forum qu’il fournirait une opinion d’ici fin 2020 à la Commission pour réviser la directive Solvabilité 2. L’objectif est de permettre aux assureurs «d’accroître leur détention d’actions, avec une moindre charge en capital, pour leur poche d’investissements à long terme», a indiqué Gabriel Bernardino.