« Les stages sur lesquels le master permet de déboucher ne correspondent pas au poste qu’on va ensuite pouvoir intégrer »

Olivier, 25 ans, conseiller en gestion de patrimoine à la Société Générale

Diplômes : Ecole de commerce, master 2 Banque et Finance, master spécialisé en gestion de patrimoine

Rémunération : 37.000 euros + 10.000 euros de variable

L'Agefi Actifs. - Combien de temps avez-vous mis avant de trouver un poste ?

- Après mon Master 2 Banque et Finance, j’ai travaillé en tant que conseiller en patrimoine financier dans le réseau de BNP Paribas. J’ai suivi un master spécialisé pour intégrer une banque privée, mais après deux stages, l’un au Credit Suisse, l’autre à la Banque Privée 1818, après lequel il était convenu que je ne sois pas embauché, je me suis aperçu que la banque privée n’était pas forcément mon objectif. Je me suis donc laissé le temps de la réflexion. A partir du moment où j’ai commencé mes recherches, deux mois et demi et deux entretiens plus tard, j’ai trouvé mon poste actuel.Est-ce le poste que vous visiez au départ ?

- En banque privée pure, les trois premières années, voire davantage, le jeune diplômé est recruté en tant que fonction support. Il assiste le banquier privé et ne rencontre jamais le client. J’avais besoin de ce contact, c’est pour cela qu’après mûre réflexion, je me suis tourné vers le réseau. Aujourd’hui, je n’ai pas de portefeuille clients mais j’interviens en tant que support des conseillers du réseau pour le compte de cinq agences auprès d’une clientèle tout aussi fortunée que dans le pôle de gestion privée d’une banque universelle.

Avez-vous obtenu la rémunération que vous espériez ?

- J’avais demandé entre 38 K euros et 40 K euros, j’ai obtenu 37 K euros avec une possibilité d’augmentation à la fin de la première année comprise entre 5 et 6 % et un variable de 10 K euros que je trouve intéressant pour le commercial que je reste. Etant donné l’intérêt de ma mission, je suis très satisfait de ma rémunération.

Comprenez-vous que certains de vos confrères jeunes diplômés puissent être déçus ?

- Oui, dans toutes les écoles, on nous répète que nous serons les meilleurs. Lorsqu’on arrive sur le marché, on comprend que ce n’est pas le cas : on commence en bas de l’échelle comme tout le monde. Peut-être qu’on pourra évoluer plus vite que les autres, mais il faut prouver à la banque qu’elle peut parier sur nous. Il ne faut surtout pas arriver en terrain conquis, ce n’est pas comme cela qu’on nous attend. On se rend vite compte qu’il y a beaucoup de choses à revoir. Il y a une différence entre ce qui est appris en cours et la réalité du métier. Les stages sur lesquels le master permet de déboucher ne correspondent pas au poste qu’on va ensuite pouvoir intégrer.

Quel est votre projet professionnel à cinq ans ?

- J’ai intégré le réseau pour pouvoir évoluer vers des postes de management. Banquier privé n’est plus mon objectif. Finalement, réseau ou banque privée, c’est assez équivalent. On croit que, parce que les gens ont beaucoup d’argent, le conseiller va avoir des problématiques patrimoniales fabuleuses, mais la plupart du temps, les propositions sont ultra classiques. Mon master spécialisé m’a permis de gagner en maturité à ce niveau-là.