Les particuliers se préoccupent du manque de transparence sur les actions

Fabrice Anselmi
La fédération Better Finance dénonce le non-respect d’un accès simple et gratuit prévu par MIF 2.
(Pexels : Andrea Piacquadio.)

Alors que la Commission européenne (CE) doit proposer cette année une révision de la réglementation MIF 2 sur les marchés d’instruments financiers, la fédération européenne des épargnants Better Finance s’inquiète de leur accès aux données sur les actions pour prendre des décisions « éclairées ». A partir d'une étude, l’ONG conclut que les données boursières publiées par quatre des six plus grandes plates-formes d’échanges (en 2019 selon l’Autorité européenne des marchés financiers, Esma) sont en partie ou totalement inaccessibles aux utilisateurs non professionnels.

« Nous sommes allés sur les sites web de ces plates-formes qui sont normalement tenues de publier gratuitement, et de manière accessible et non discriminatoire 15 minutes après la transaction, toutes les données relatives à cette dernière, rappelle Guillaume Prache, directeur général de Better Finance. Seuls les marchés réglementés (MR) Euronext Paris et Xetra-Deutsche Börse jouent pleinement le jeu. » Le London Stock Exchange (LSEG), qui n’est plus soumis à la réglementation européenne depuis le 1er janvier, n’est pas clair sur la présentation des données «pre-trade» (carnets d’ordres et prix juste après la transaction), et s’autorise des largesses avec les délais de publication. Et la plateforme de négociation alternative (MTF) Cboe, devenue leader à l’échelle paneuropéenne, ne respecte pas non plus ces règles de transparence et d’accès simplifié aux données.

De même pour l’«internalisateur systématique» (SI) de Goldman Sachs, mais c’est moins étonnant dans la mesure où ce troisième type de plateformes est uniquement dédié à l’usage des banques et sociétés d’investissement. Cette remarque vaut d’ailleurs plus largement pour les autres Bourses ou MTF, puisqu’un particulier ne peut y exécuter de transactions sans passer par un « broker » membre : celles qui ne publient pas directement sur leur site web pourront rétorquer qu’elles envoient bien les informations aux brokers et aux fournisseurs de données - en l’absence de base centralisée («consolidated tape») pourtant prévue. « Mais l’accès à ces derniers est payant, ou nécessite l'ouverture d'un compte, et ne permet donc pas à l’investisseur de vérifier qu’il a eu le droit à la meilleure exécution, regrette Guillaume Prache. Nous ne poussons pas au trading de ‘court-terme’, mais rien ne doit empêcher les particuliers de pouvoir en faire à armes égales, d’autant plus dans un projet d’Union des marchés de capitaux (CMU) qui veut les placer au cœur du financement des entreprises. »