Fonds d’actions

Les marchés émergents à travers les sociétés exportatrices

Dans un contexte de marchés européens sous-valorisés conjugués à un euro faible, Palatine AM lance Europe Export Palatine afin de bénéficier de la croissance des pays émergents par le biais d’un univers d’entreprises qu’il maîtrise.

La croissance des pays émergents suscite bien des convoitises, comme le montre la multiplication de fonds traitant ces marchés dernièrement. Et les spécialistes de ces zones géographiques ne sont plus les seuls à vouloir en profiter. Plusieurs gestionnaires investissant sur les marchés développés cherchent également à en bénéficier directement ou de manière indirecte par le biais de leur savoir-faire d’origine. C’est le cas de Palatine AM qui vient de lancer Export Europe Palatine, un fonds éligible au PEA investissant exclusivement sur des sociétés européennes exportatrices vers les pays émergents.

Fonds opportuniste.

Les spécialistes des valeurs européennes en prennent leur parti, l’Europe doit faire face à ses déficits et les mesures de restriction budgétaire à venir vont peser sur l’évolution du PIB. « La croissance mondiale est tirée par les pays émergents. Aussi, pour construire un portefeuille intéressant et nous différencier dans une logique commerciale, nous avons créé un fonds avec des sociétés européennes réalisant au minimum 30 % de leurs ventes hors Europe, dont une part de marché importante dans les zones émergentes », explique Bruno Vacossin, gérant d’Export Europe Palatine.

Une stratégie opportuniste car les marchés européens présentent peu d’attrait actuellement, si ce n’est d’être peu valorisés car délaissés par les investisseurs. « Actuellement, la valorisation des marchés européens est faible quels que soient les ratios considérés. Le PER de l’indice Stoxx 50 est proche de 12 alors que la croissance du bénéfice net par action est anticipée à plus de 25 % et les structures de bilan des sociétés européennes sont saines. Il y a donc des opportunités pour rentrer sur le marché même si à court terme, il peut être chahuté en raison de craintes liées aux notes souveraines des Etats européens », complète Bruno Vacossin.

Euro faible.

Autre argument en faveur des sociétés européennes exportatrices : la forte dépréciation de l’euro vis-à-vis des principales devises. Depuis fin novembre 2009, la devise européenne est en effet passée de 1,50 dollar à des niveaux proches de 1,20 dollar. Les entreprises du Vieux continent, qui ont des coûts en euros et des débouchés valorisés en dollars, ont donc gagné en compétitivité. Le gestionnaire s’appuie d’ailleurs sur une étude de Morgan Stanley Research sur l’indice MSCI Europe en devise locale depuis 1971 pour démontrer que les marchés européens enregistrent de bons résultats (performance annualisée médiane de 21,8 %) lorsque le dollar est en phase de forte appréciation.

« La devise est un élément important mais pas déterminant, précise cependant le gérant du fonds. La croissance dans les pays émergents est anticipée sur un horizon de long terme et les sociétés européennes devraient continuer à en bénéficier même si l’euro se réapprécie. Nous pensons toutefois que, compte tenu de la situation budgétaire des Etats, le niveau de l’euro devrait rester faible pendant un moment. »

Biais sectoriel et géographique.

Le choix de la thématique exportatrice conduit Palatine AM à exclure d’entrée quelques secteurs orientés sur le marché domestique : les télécommunications, les services aux collectivités et les banques. Au total, le gestionnaire estime le gisement à près de 150 sociétés parmi lesquelles il sélectionne 40 à 50 valeurs pour constituer son portefeuille à partir de critères en premier lieu qualitatifs puis quantitatifs de même que pour les autres OPCVM maison.

D’un point de vue géographique, le fonds investira principalement dans des valeurs françaises, allemandes et anglaises. Les sociétés espagnoles, italiennes et portugaises seront plus en retrait car elles privilégient plutôt le marché interne.