Les foncières françaises se distinguent par rapport à leurs homologues européennes

Que ce soit sur un, trois, cinq ou huit ans, l’indice IEIF Eurozone hors France présente une performance inférieure à l’IEIF Eurozone, ce qui signifie que les foncières françaises, qui pèsent 57 % de ce dernier indice, portent le reste de la zone euro. Ce support des valeurs tricolores trouve son explication dans la singularité de la position de la France. D’une part parce que le statut SIIC (REIT) y est moins restrictif que chez certains de ses voisins, les foncières françaises ont opté massivement pour ce statut permettant « une gestion active du patrimoine et une totale liberté de création de valeur », d’après Pierre Schoeffler, senior advisor à l’IEIF. Elles sont ainsi bien plus nombreuses que leurs homologues italiennes ou germaniques, ces dernières ne constituant qu’une part infime du marché de l’investissement face aux véhicules non cotés, favoris des Allemands. D’autre part, parce que le marché de l’immobilier d’entreprise français est vaste, les foncières cotées françaises retiennent l’intérêt des investisseurs par la qualité de leur sous-jacent - très franco-français pour les foncières de bureaux. Par ailleurs, Unibail-Rodamco, du reste très internationale, n’est pas étrangère à cette distinction française et donne naturellement le ton en tant que plus importante capitalisation boursière européenne du secteur (13,3 milliards d’euros). D’autant que les commerces, cible historique des foncières françaises et d’Unibail en particulier, ont affiché des performances supérieures à l’habitation et aux bureaux pendant des années. « Un investisseur institutionnel qui souhaite investir dans un centre commercial a peu d’alternatives à l’achat d’une foncière, ce qui créé un fort soutien des cours », explique Benoît Faure-Jarrosson, analyste chez Invest Securities.