Immobilier haut de gamme

Les étrangers affluent

Les résidents français sont présents sur le segment compris entre 1 et 10 millions d’euros, mais ils ne sont que très minoritaires au-delà.

Le ton est donné à la conférence de presse organisée par Daniel Féau : « Au-dessus de 4 millions d’euros, les non-résidents dominent le marché et ce sont eux qui font les prix. » Si le phénomène n’est pas nouveau, le constat fait toujours l’effet d’une bombe. Le luxe parisien, s’il est peut-être encore à la portée de certains Français, n’est, en tout cas, plus dans leurs mains.

Le très haut de gamme investi par les étrangers.

Désireux de profiter de prix de vente élevés ou victimes d’indivisions trop lourdes à assumer, les Français sont vendeurs et les étrangers (en provenance d’Europe, de Russie, ou encore du Moyen-Orient), ne cessent, eux, d’investir la capitale française. Ces derniers représentent aujourd’hui 50 % des transactions de plus de 4 millions d’euros et 85 % de celles de plus de 10 millions.

Il convient toutefois de ne pas s’y méprendre. La cession de ce type de biens n’est pas monnaie courante. En 2010, Daniel Féau n’a réalisé, à Paris, que sept ventes dont le prix s’est révélé supérieur à 7 millions d’euros, jugeant sa part de marché sur ce segment à 70 %.

Une année 2011 dans les pas de 2010.

Retrouvant une énergie remarquable après un arrêt total des transactions entre septembre 2008 et mi-2009 (L’Agefi Actifs n°479, p. 11), l’année 2010 avait déjà fait oublier la crise. Avec une hausse des ventes de 15 % en nombre et de 52 % en montant entre janvier et mai 2011 et les cinq premiers mois de 2010 (528 millions d’euros contre 347 millions d’euros) pour Daniel Féau, le millésime 2011 semble confirmer la bonne santé du secteur immobilier haut de gamme, parisien en particulier. Cependant, l’augmentation de la valeur totale des biens vendus ne signifie pas nécessairement que les prix ont flambé - il est d’ailleurs très difficile de faire des statistiques sur un nombre si faible d’opérations -, mais que les transactions ont concerné des logements plus chers.

D’ailleurs, sur le premier segment du luxe (entre 1 et 2 millions d’euros), dominé par la clientèle nationale, la progression du stock de biens disponibles présage d’une stabilisation des prix.