Les banques françaises entrevoient la fin des mesures de crise

Franck Joselin
Le gouverneur de la Banque de France a donné des échéances pour la normalisation des dividendes et la fin des assouplissements des exigences en capital.
Siège de l'ACPR à Paris

Donnant-donnant. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, s’est félicité le 28 mai de la bonne santé des banques françaises lors de la présentation du rapport annuel de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), dont il est le président. Cette bonne santé devrait signer la fin des restrictions concernant les dividendes des banques «au mois de septembre prochain», a déclaré le gouverneur. Mais dans le même temps, il a réaffirmé que les mesures prises en 2020 pour soulager les exigences en capital du secteur prendraient bien fin l’année prochaine.

«Dans un contexte de normalisation progressive de la situation sanitaire et économique, il n’y aurait donc pas lieu de maintenir, au-delà de l’année prochaine, les mesures exceptionnelles d’accompagnement de la crise : ceci vaut pour les 'buffers' (coussins contracycliques, ndlr) et assouplissements décidés début 2020», a déclaré François Villeroy de Galhau. Le taux du coussin contracyclique avait été abaissé de 0,25% à 0% en avril 2020, au début de la crise sanitaire pour permettre aux banques de continuer à accompagner la reprise économique.

Cette déclaration précise le calendrier qui avait été défini par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) au mois de mars. Celui-ci avait décidé de laisser inchangé le taux du coussin de fonds propres bancaires contracyclique jusqu’à la fin 2022 «au plus tôt». Le gouverneur de la Banque de France, membre du HCSF, marque donc une légère inflexion dans son discours, en indiquant que ces mesures ne perdureront pas au-delà de 2022.

François Villeroy de Galhau a aussi rappelé les autres défis qui attendent les banques, et notamment celui de la rentabilité. Le retour sur capitaux propres (ROE) des banques françaises, à 5,5%, se situe bien au-dessous de leurs homologues américaines (15%) ou britanniques (9%). Pour rattraper ce retard, le gouverneur a vanté les mérites d’un «marché unique bancaire». «Ne renonçons jamais à l’objectif d’une vraie Union bancaire quelles que soient les résistances protectionnistes (…)», a déclaré François Villeroy de Galhau.  Cette Union bancaire permettrait en effet de faciliter les mouvements de rapprochement bancaires transfrontaliers, aujourd'hui inexistants.