Immobilier

Le secteur pèse plus lourd que la finance

L’immobilier, placement et bien d’usage, est non seulement créateur de valeur, mais très important en termes de consommation et d'emplois.

L’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF) décortique dans une courte étude les comptes de la nation fournis par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) pour démontrer notamment le poids de l’immobilier dans l’économie française. Sur les 34.031 milliards d’euros du patrimoine national relevés fin 2010 (1), 9.291 milliards d’euros concernent le patrimoine immobilier (2), soit 27 % du total.

Au moment où l’immobilier est invité à contribuer au redressement de la France, cette analyse tombe à point nommé pour ses adhérents. Afin de défendre leur métier et tenter d’influer sur les décisions du gouvernement, institutionnels et professionnels de l’immobilier n’ont pas attendu ce travail, certes, mais celui-ci leur permet de jouer la carte de l’emploi et de la création de valeur, données chiffrées à l’appui.

Un secteur créateur de valeur.

L’auteur de l’étude, Charles-Henri de Marignan, analyste senior à l’IEIF, invite le lecteur à relativiser le poids du secteur financier (3) sur l’économie en comparant ce dernier avec celui de l’immobilier (4).

Ainsi, l’immobilier présentait en 2011 une valeur ajoutée, soit une création de valeur, mesurée par la différence entre la valeur de la production et celle des consommations intermédiaires, de 346,9 milliards d’euros (5), soit 19,4 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des branches d’activité. De leur côté, les activités financières et d’assurance créent quatre fois moins de valeur, 83,3 milliards d’euros uniquement.

D’un point de vue global, le secteur immobilier se positionne juste derrière celui des services principalement non marchands, soit essentiellement le secteur public.

Un employeur non négligeable.

Le secteur immobilier emploie plus de 2 millions de personnes (en équivalent temps plein) sur une population active de plus de 25 millions de personnes, soit environ 8 % de l’ensemble.

Ce nombre fait du secteur immobilier le cinquième employeur français, la construction concentrant 88 % des effectifs. Il reste toutefois loin derrière celui des services principalement non marchands (7,2 millions de personnes, soit 28,4 % de la population active), mais embauche 2,5 fois plus que celui les activités financières et d’assurance (800.000 personnes).

Le premier poste de consommation des ménages.

Le logement, dans son acceptation large (y compris eau, gaz, électricité et autres combustibles), représente 24 % des dépenses de consommation des ménages, soit 240 milliards d’euros en 2011. C’est de très loin le plus important produit de consommation.

Ceci étant, plus de la moitié de ce montant (139 milliards d’euros) concerne des loyers dits imputés, correspondant aux loyers fictifs des propriétaires occupants.

(1) Les 34.031 milliards d’euros incluent les actifs financiers et non financiers des acteurs économiques : ménages, sociétés et administrations publiques. Le passif n’est pas déduit et ce n’est donc pas d’une valeur nette de patrimoine dont il est question.

(2) Le patrimoine immobilier comprend les logements et les terrains bâtis.

(3) Cette section comprend les activités des services financiers, y compris les activités d'assurance, de réassurance et des caisses de retraite, ainsi que les services financiers de soutien. Elle inclue également les activités de détention d'actifs telles que les activités des sociétés holdings et des fonds de placement et autres instruments financiers.

(4) L’immobilier s’entend comme l’addition des branches activités immobilières (activité des marchands de biens, location et exploitation de biens immobiliers propres ou loués et activité des agences immobilières et des administrateurs de biens) et construction (qui comprend la promotion immobilière).

(5) En prix courants, c’est-à-dire en valeur nominale (les prix ne sont pas corrigés de l’inflation).