Le plan de stabilité de la France reste soumis aux aléas économiques

Franck Joselin
Le plan sur cinq ans qui sera envoyé à Bruxelles prévoit une augmentation des dépenses publiques annuelle de 0,6% en volume sur la période.

L’ambition de Bercy de rectifier la trajectoire des finances publiques de la France reste entière, mais le contexte économique va rendre la chose difficile. Le ministre des Finances Bruno Le Maire et le ministre délégué chargé des Comptes publics Gabriel Attal présenteront prochainement le nouveau plan de stabilité de la France (PSTAB) pour la période 2022 à 2027. Celui-ci sera ensuite envoyé à Bruxelles pour être examiné par la Commission européenne.

Pendant les cinq prochaines années, Bercy vise une augmentation moyenne de la dépense publique de 0,6%. « C’est le taux d’augmentation de la dépense publique en volume le plus faible depuis 20 ans », a indiqué Bruno Le Maire. La hausse moyenne de la dépense publique en volume a ainsi été de 2% depuis 20 ans et de 1,2% depuis 10 ans. « Nous engageons la baisse de la dette publique à compter de 2025 et revenons sous les 3% de déficit public en 2027 », a précisé Bruno Le Maire, qui confirme viser « le plein emploi en 2027 ».

Pour arriver à ces chiffres, le ministre assure avoir voulu tenir compte dans ses hypothèses de croissance «des incertitudes géopolitiques croissantes qui pèsent sur les prochains mois et sur l’année 2023 ». La fermeture du marché chinois, la coupure « probable » du gaz russe, et les doutes sur la croissance aux Etats-Unis ont amené Bercy à fixer un taux de croissance pour 2022 à 2,5%, puis de 1,4% en 2023, 1,6% en 2024, pour atteindre 1,8% en 2027. Dans le même temps, après une inflation de 5,1% pour 2022, Bercy s’attend à un ralentissement de la hausse des prix à 3,3% en 2023, puis à 1,9% en 2024, pour arriver à un rythme de croisière de 1,75% à partir de 2025.

Outre les anticipations de croissance et d’inflation, ce plan repose aussi sur des économies sur les dépenses en volume de l’Etat de 0,4%. Les collectivités locales participeront aussi à cet effort, avec une baisse en volume de leurs dépenses de fonctionnement de 0,5%. « En valeur, les dépenses pour les collectivités locales augmenteront pendant la durée du quinquennat », précise cependant Bruno Le Maire. En revanche, les dépenses de santé et hospitalières continueront d'augmenter de 1,3% par an. Tous ces chiffres figureront aussi dans la prochaine loi de programmation des finances publiques qui sera débattue à l’Assemblée à la rentrée. A moins que la réalité économique ne rende obsolètes les hypothèses actuelles.