Le palmarès 2008 des valeurs à l’image des craintes des investisseurs

Les chiffres ont beau être connus, ils restent impressionnants. En un an, deux actions du CAC 40, Dexia (ayant tout de même repris près de 10 % lors de la dernière séance) et Renault, ont perdu plus de 80 % de leur valeur. En douze mois, douze titres du principal indice de la Bourse de Paris ont perdu plus de 60 % alors même que cet indice regroupe en théorie les valeurs les plus sûres de la cote. Mais il rassemble également les poids lourds des deux secteurs qui ont cristallisé les peurs des investisseurs. Les valeurs bancaires, en premier lieu, ont évidemment pris de plein fouet la crise financière, jusqu’à la nationalisation pour certaines d’entre elles. Alors que les profits des banques d’investissement semblaient assurés pour de nombreuses années, leur modèle de développement est aujourd’hui remis en cause. Cette évolution a donc conduit à une refonte de leurs critères d’évaluation et donc à une révision à la baisse drastique de leur valeur en Bourse.

Le deuxième secteur très touché cette année est sans surprise celui des valeurs cycliques. Dans la seconde partie de l’année, le ralentissement économique, jusqu’alors éclipsé par la tourmente financière, a lourdement affecté des segments comme l’automobile ou la sidérurgie. A noter également que parmi les plus fortes baises du SBF 120 figure Theolia, une entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables. Si cette chute est en partie due à des problèmes de gestion, elle rappelle aussi que le pétrole a perdu deux tiers de sa valeur en quelques mois, rendant les nouvelles énergies beaucoup moins intéressantes.

Pour l’année nouvelle, impossible évidemment de prévoir à coup sûr les valeurs qui s’en sortiront mieux que les autres mais il est certain que quelle que soit la conjoncture, celles ayant le plus baissé bénéficieront d’un effet de base certain pour 2009, ce qu’illustrent d’ailleurs les reprises techniques des premiers échanges de janvier.