Le Cercle des fiscalistes encourage les présidentiables à relever la TVA

Le think tank propose d'associer cette mesure à une baisse corrélative de la CSG. Les candidats sont également invités à passer en revue les niches fiscales.

Le Cercle des fiscalistes était invité par les éditions Lefebvre Dalloz à s'exprimer sur le programme des candidats à la présidentielle lors d'une conférence de presse le 15 mars. L'occasion pour le think tank de se positionner à contre courant des candidats sur la TVA, une taxe en chute libre depuis le début de la crise sanitaire : 100 milliards d'euros en 2021 contre 130 milliards d'euros en 2019. «C’est un moyen de déjouer l’optimisation fiscale, affirme Philippe Bruneau, président de PHB Conseil. Si on taxe les bénéfices, le recours à l’optimisation fiscale est possible, mais un chiffre d’affaires ne ment jamais.» Le think tank plaide pour une augmentation du taux de TVA de 20% (mais pas ceux de 5,5% et de 10%) dans l'objectif de taxer les produits étrangers importés et de financer une baisse corrélative de la CSG. 

Pour appuyer ses propos, le Cercle se base sur les baisses ou augmentation de TVA opérées en France et en Allemagne - qui n'ont eu que peu d'effet sur les prix - pour en déduire que les entreprises absorberaient la hausse. 

Pour la fin des niches fiscales

Les fiscalistes encouragent également à passer en revue les 500 niches fiscales qui coûtent 100 milliards d'euros chaque année à la collectivité. «Un rapport de l’IGAS de 2011 indique que 53% des niches sont inefficaces, commente Philippe Bruneau. C’est un manque de courage politique que de ne pas les évoquer alors qu’une baisse pourrait frapper corrélativement à leur suppression les revenus du travail.»

Des programmes fiscaux d'un ancien monde

De manière générale, le Cercle des fiscalistes note un manque d'ambition fiscale des différents programmes. 

«En 2017, les principaux candidats avaient pour objectif de recouvrer la confiance des épargnants érodée après le quinquennat Hollande, analyse Philippe Bruneau. Ils promettaient une sortie de l’ISF et la fin de l’alignement de la taxation des plus values au barème de l’impôt sur le revenu [soit l'instauration de la flat tax NDLR]. Ce n’est pas le cas en 2022 : les programmes sont moins disruptifs, on recourt à la cosmétique plus qu’à la révolution fiscale.» Le Cercle des fiscalistes évoque des candidats «coincés entre un mur de dette et un pouvoir d’achat en berne», pourvus de programmes fiscaux rédigés «en 2021, dans un ancien monde»

Aussi, les fiscalistes invitent les candidats à adapter leurs programmes en se concentrant particulièrement sur le pouvoir d'achat à l'orée d'une période de stagflation.