L’APCR maintient sa garde malgré la bonne résistance des assureurs

Bertrand De Meyer
Le ratio de Solvabilité 2 des assureurs français est passé d’une moyenne de 267 % avant la crise à 243 % à fin 2020.

La réglementation a du bon. «Dans le cas des assurances, Solvabilité 2 a permis d’affronter la crise avec une plus grande solidité», a affirmé François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, lors de la publication du rapport 2020 de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Concrètement, le ratio de Solvabilité 2 des assureurs français, qui sont restés leaders en Europe en termes de bilan, avec un total de 2.959 milliards d’euros, est passé d’une moyenne de 267% avant la crise à 243% à fin 2020.

Pour autant, «la solvabilité des organismes reste un point d’attention important», a prévenu le gouverneur : «L’ACPR mènera, au titre des priorités du contrôle, en 2021, une surveillance renforcée, qui se matérialisera notamment par des entretiens ciblés à fréquence régulière, parallèlement aux services de résistance réalisés conjointement avec l’Eiopa», l'autorité européenne de supervision des assurances. Jean-Paul Faugère, vice-président de l’ACPR, a estimé que la supervision des activités transfrontalières devait progresser : «Une revue doit permettre de renforcer le cadre de supervision et des actions en cas d’activités transfrontalières.»

Cinq défis à relever

Plus globalement, dans son discours introductif, François Villeroy de Galhau a soulevé cinq défis à relever. Le gouverneur de la Banque de France a distingué ceux de court terme, liés à l’incertitude des situations financières des entreprises et la levée progressive des mesures d’accompagnement, de ceux plus structurels. Les assureurs doivent repenser leur offre dans la durée vers des produits de plus long terme et davantage tournés vers les fonds propres pour compenser les taux bas. En 2020, le taux moyen servi aux titulaires de contrats en fonds euros a baissé de 20 points à 1,27%.

L’innovation impose des défis tournés autour du risque cyber grandissant dans lesquels les investissements doivent suivre. «Il importe que les assureurs investissent non seulement dans leur plan de continuité mais aussi fortement dans la sécurité de leurs basés de données», estime ainsi Jean-Paul Faugère. Enfin, la transition écologique doit être prise a bras le corps. «Plus le secteur financier s’y prendra tôt, le mieux la transition se passera», a insisté François Villeroy de Galhau