Marché du vin

La viticulture française appelée à se moderniser

Face à la mondialisation du marché, le modèle de commercialisation français va devoir s’adapter aux habitudes des nouveaux pays consommateurs.

Si elle diminue en Europe, la consommation dans le reste du monde augmente. Sa croissance est notamment soutenue par la Chine, la Russie et les Etats-Unis. En 2010, elle était estimée à 236 millions d’hectolitres.

Les Français consomment 48 litres par habitant et par an (sur 36 millions de consommateurs) quand les habitants des Etats-Unis n’en seraient qu’à 6,9 litres (138 millions de consommateurs) et les Chinois, à 1 litre. Le potentiel de développement se situe donc en dehors de l’Hexagone et au-delà des frontières européennes.

Un modèle de commercialisation à ajuster. A l’image de l’interprofession champenoise perçue comme « plus moderne que celle des autres grandes appellations », le marché du vin français devra tendre vers une meilleure organisation de son circuit commercial. En Champagne, « les rendements à l’hectare et les tarifs au kilo de raisin s’imposent à tous les acteurs et sont fixés en début de saison par accord interprofessionnel afin d’adapter la récolte à l’évolution prévisible du marché », explique Olivier de La Selle, consultant pour Agrifrance, le département de BNP Paribas Wealth Management spécialisé sur le foncier rural. Aussi exceptionnelle que soit la qualité de leurs vins, les autres viticulteurs français vont devoir tenir compte des évolutions structurelles du marché et faire évoluer leur modèle de distribution vers davantage de clarté et de lisibilité impliquant, pour une partie du marché, une simplification de l’offre (le regroupement de certaines appellations sous une même identité visuelle par exemple), voire une standardisation de celle-ci pour ce qui concerne les vins d’entrée et de moyen de gamme.

Et la difficulté à s’adapter est aussi grande que l’enjeu commercial. « Il faut bousculer les mentalités, cela prend du temps », juge Benoît Léchenault, le responsable de la structure.