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A la recherche du mouton à cinq pattes

Au fil des ans, le choix des formations en gestion de patrimoine reste toujours aussi ouvert. Mais à l’aune d’une complexification du métier, rares sont celles qui répondent à tous les besoins d’un professionnel qui voudrait se lancer en indépendant
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A l’heure où, à la fois la règlementation et les solutions financières proposées aux clients des conseillers en gestion de patrimoine (CGP) se complexifient, le besoin de formation, initiale ou continue, apparaît plus prépondérant que jamais. A la lecture de la sélection effectuées par L'Agefi Actifs, force est de constater que l’offre de diplômes demeure pléthorique, induisant par voie de conséquences une mise en concurrence accrue des acteurs.
Mais quantité ne signifie pas forcément lisibilité. Ces filières apparaissent extrêmement hétérogènes et la dichotomie entre les parcours techniques et ceux plus commerciaux demeure toujours aussi prononcée, ce qui oblige les établissements à choisir une orientation dominante. Alors que les universités centrent souvent leurs enseignements sur les matières juridiques pour valoriser notamment la compétence technique de leurs étudiants, leurs homologues du privé mettent l’accent sur les aspects commerciaux et la culture produit.
Ces dernières années, les spécialistes du recrutement des métiers patrimoniaux ont donné raison aux universités, en privilégiant les techniciens aux dépens des profils commerciaux. Les directives européennes qui modifient les modalités de rémunération des distributeurs et des conseillers financiers ne sont certainement pas étrangères à ce phénomène car une chose demeure acquise : la formalisation d’un conseil pointu permet de justifier d’une rémunération, qu’elle prenne la forme d’honoraires ou de rétrocessions.
Par ailleurs, outre la différence existant entre la technique et le commercial, une distinction existe également entre le côté plus juridique des formations ou celles à dominante davantage financière. Rares sont les enseignements qui proposent d’approfondir les deux thèmes qui constituent pourtant chacun un des pans de l’activité des conseillers.
Enfin, dans ce monde déjà complexe, le digital vient également s’immiscer à chaque strate de la relation client. Ces derniers ont pris l’habitude de réaliser leurs opérations courantes via les outils digitaux mis à leur disposition. Sans que cette nouvelle autonomie ne relègue les conseillers au second plan, la clientèle attend d’eux des services à forte valeur ajoutée, portant sur des sujets plus complexes et un contact plus soutenu, que ce soit par des voies conventionnelles ou numériques.  
Finalement, entre les compétences juridiques, financières, et celles liées à la digitalisation, le métier de conseiller en gestion de patrimoine est devenu tellement vaste qu’une seule formation ne semble plus suffire pour acquérir un bagage permettant de s’établir à son compte. Il en faudrait au minimum deux, voire trois dans certains cas. A défaut, après avoir choisi sa spécialité, rien ne pourra remplacer l’expérience de terrain des professionnels, quelle que soit la qualité de la formation choisie.