La mensualisation obligatoire plutôt que le prélèvement à la source ?

Après les couacs entourant la préparation de la réforme à venir, le chef de l’Etat pourrait préférer cette option. La décision de l'Exécutif devrait être connue très prochainement.

Revenir à une mensualisation obligatoire plutôt que de mettre en place le prélèvement à la source (PAS). D’après Franceinfo, c'est le choix évoqué par Emmanuel Macron à des élus locaux, en déplacement à Laval, après la vague de doutes suscitée par les dysfonctionnements du dispositif en phase de test. Alors que la DGFiP s’est montrée rassurante sur l’effectivité de la réforme prévue pour le 1er janvier 2019, appuyée par le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin, « le président n’a pas confiance dans le dispositif » selon Franceinfo et pourrait donc préférer généraliser la mensualisation, déjà pratiquée par 60 % des contribuables imposés. 

Parallèlement à la valse-hésitation du gouvernement, et au-delà de l'opposition, des voix se sont élevées contre le PAS : du côté du Medef, le président de l'organisation patronale Geoffroy Roux de Bézieux, a martelé lundi 3 septembre son opposition à la collecte de l'impôt par les entreprises. En interne du côté de Bercy également. « Personne n’est fichu de dire à 100 % si ça va fonctionner normalement, alors il faut tout arrêter ! », affirme au Parisien Olivier Vadebout, secrétaire général CGT Finances Publiques.

En marge du remaniement ministériel prévu ce mardi 4 septembre, la décision du maintien ou de la suppression du prélèvement à la source pourrait être annoncée prochainement, après une réunion prévue en fin de matinée. Ce qui est sûr, c’est que l’abandon éventuel de la mesure laissera déjà voir un trou : selon des informations de presse, l’Etat y aurait déjà consacré entre 140 et 300 millions d’euros. Sans compter le prix déjà payé par les PME pour se préparer à la collecte.