La commercialisation des produits financiers reste sous haute surveillance

Jonathan Blondelet
Pour sa nouvelle formule, «Actifs» a interrogé le pôle commun ACPR/AMF sur son action de lutte contre les arnaques, le greenwashing et ses travaux sur les pratiques de commercialisation.

L’Agefi Actifs fait peau neuve. Son magazine maintenant nommé «Actifs» passe d’une parution bi-hebdomadaire à mensuelle, proposant au passage une palette de nouvelles rubriques repensées et enrichies. Deux fois plus de contenu et deux fois plus d’invités pour ce premier numéro : Claire Castanet, directrice des relations avec les épargnants et de leur protection à l’Autorité des marchés financiers (AMF), et Grégoire Vuarlot, directeur du contrôle des pratiques commerciales à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et coordonnateur du pôle commun ACPR/AMF, ouvrent le bal. Ils sont revenus sur les priorités du pôle commun, centrées sur la lutte contre l’écoblanchiment, les pratiques de commercialisation des produits d’investissement et la prévention des arnaques.  

Celles aux crypto-actifs et au Forex caracolent toujours en tête, mais un phénomène monte en puissance depuis le début de l’année. «60 % des inscriptions sur nos listes noires en 2022 sont des usurpations d’identité de professionnels, alors qu’elles ne constituaient que la moitié des inscriptions en 2021», rapporte Grégoire Vuarlot. «Tous les acteurs de place peuvent être concernés, quelle que soit leur taille, renchérit Claire Castanet. Les usurpations peuvent concerner des grandes banques comme des sociétés de gestion ou des conseillers en investissements financiers.»

Côté finance durable, un groupe de travail a été créé au printemps 2021 pour faire converger la doctrine des deux autorités sur les communications promotionnelles mettant en avant des arguments «verts» et balayer les vocables outranciers. En 2021, le pôle commun avait considéré que 30% des publicités analysées qui se réclamaient du développement durable utilisaient des «termes exagérés», selon les mots du superviseur.  

Impossible de terminer l’entretien sans revenir sur l’actualité de l’été, l’entrée en vigueur au 2 août de l’obligation de prendre en compte les préférences ESG des clients pour les intermédiaires. «Nous sommes conscients que c’est une réglementation d’application nouvelle et accompagnerons le marché sans diligenter immédiatement des contrôles, mais en examinant d’abord les difficultés avec les acteurs», a voulu rassurer Grégoire Vuarlot. Tout en rappelant que la réglementation, déjà applicable, devait être mise en œuvre.