Grand débat

ISF : Emmanuel Macron est disposé à « conditionner » la réforme

Lundi 18 mars, Emmanuel Macron a déclaré devant un parterre d'intellectuels réunis pour le Grand débat que la réforme de l'ISF pourrait être amendée
Une déclaration qui ajoute à la cacophonie régnant au sein de la majorité, laquelle avait il y a peu rejeté le rétablissement de l'ISF et proposé l'augmentation de l'IFI

Le président de la République a anoncé lundi soir, alors qu'il recevait à l'Elysée 64 intellectuels dans le cadre du grand débat, que la réforme de l'ISF pourrait être retouchée. Emmanuel Macron a reconnu « qu'il faudrait peut-être reconditionner davantage la part de l'ISF supprimée », rapporte l'AFP, dans l'hypothèse où « l'objectif du retour ou du maintien du capital productif » ne serait pas atteint. Pour le moment, le chef de l'Etat attend les conclusions de l'Assemblée nationale qui a entamé récemment l'évaluation de l'IFI.

Une annonce qui fait figure de volte-face après que la majorité a écarté, le 7 mars dernier, la proposition de loi déposée par plusieurs députés de la Gauche démocrate et républicaine qui militaient en faveur du rétablissement de l'ISF.

Sans oublier les déclarations de Stanislas Guerini, délégué général de La République en marche, qui a proposé le 10 mars, toujours dans le cadre du grand débat, d’augmenter l’IFI sur les très importants patrimoines immobiliers afin de compenser la suppression de la taxe d’habitation pour tous les Français. Le président de la République avait d'ailleurs indiqué ne pas s’y opposer quand Matignon qualifiait cette proposition « d’intéressante ».

La même majorité étudiait une possible augmentation de la taxation des successions sur les gros patrimoines, en précisant toutefois que ce sujet méritait une validation par le suffrage universel. « On ne propose pas d’alourdir cet impôt mais de le rendre plus juste. À court terme, nous préconisons plutôt de favoriser les donations du vivant, pour réinjecter plus rapidement cet argent dans l’économie ». Rétropédalage du président, donc, qui hier a déclaré s'opposer à toute réforme de la fiscalité des successions.