Google soutient la réforme fiscale internationale des multinationales

Ses représentants français l'ont réaffirmé face au Sénat, tout en essayant de couper court à la polémique liée à la taxe sur les services numériques.

« Nous sommes alignés sur l’objectif d’une réforme fiscale des multinationales et sur la redistribution de l’impôt que nous payons, dont 82 % est versé aux Etats-Unis. Il faut aboutir sur cette question, et aboutir rapidement. » Benoit Tabaka, directeur des relations institutionnelles et des politiques publiques chez Google France, a apporté, lors d'une audition conjointe des représentants de Google et Facebook France au Sénat le 23 juin, son soutien au taux plancher d'imposition de 15 % acté par les pays du G7 et à la relocalisation de l'impôt. Il a indiqué que le géant du numérique était activement engagé dans des discussions avec l'OCDE pour faire avancer la réforme.

Anticipant les sceptiques qui pointeraient l'emplacement du siège européen de la firme en Irlande où l'impôt est garanti à 12,5 %, Benoit Tabaka a fait valoir la position de bon éléve adopté par le géant du numérique ces dernières années vis-à-vis de la France. « Nous avons eu beaucoup de débats et discussions avec l’administration fiscale. Cela s’est soldé par un accord. Une taxe sur les services numériques est entrée en vigueur le 1er janvier 2019, et nous la payons. »  Une position curieuse quand on sait que Google a décidé de répercuter le coût de la taxe en aval, en augmentant le coût des publicités pour ses annonceurs en mars. Pour se défendre face à la polémique enflante, son responsable des affaires publiques Karan Bhatia avait d'ailleurs publiquement fustigé des taxes nationales « discriminatoires ». La France s'est engagé à retirer cette fameuse taxe « Gafa » - qui lui rapporte 400 millions d'euros par an - après l'entrée en vigueur de la réforme du G7.

Les représentants français de Facebook sont, de leur côté, restés silencieux sur ces questions pendant l'audition.