Fake news

L'édito du rédacteur en chef de l'Agefi Actifs, Jean-François Tardiveau, paru dans notre dernier numéro papier.

L’auteur de ces lignes doit le confesser. Abusé par une « fake news » à laquelle il a cru dès la première lecture,  la nouvelle a été relayée dans le dernier L’Agefi Actifs. En bonne place par ailleurs puisqu’elle constituait la trame de l’édito. Il est vrai que loin d’être diffusée par un site internet russe ou américain comme cela a été le cas au cœur de la dernière campagne présidentielle américaine ou française, l’information coupable émanait des pouvoirs publics. Du Premier ministre précisément. Que disait-elle ? La réforme de l’ISF et son recentrage sur les biens immobiliers ainsi que la baisse de la taxe d’habitation seraient votées dans le cadre de la loi de Finances pour 2018. En revanche, elles seraient appliquées en 2019. Soit un an plus tard que prévu.

Dire qu’une telle décision n’a pas suscité la surprise serait aller un peu vite en besogne dans la mesure où ces deux dispositions figuraient parmi les mesures phares sur le plan fiscal du candidat Macron. Elles étaient présentes comme de véritables dispositions fer de lance pour une économie libérée, sur lesquelles le nouveau résident de l’Elysée comptait s’appuyer pour un retour à la confiance des Français et une reprise de la croissance. Mais l’exercice qui consiste à remettre en cause les engagements d’une nouvelle majorité après la découverte de l’état réel des finances publiques de la France n’est pas si rare que cela. Et, sans chercher d’excuses, on pouvait ici retrouver de vieux réflexes et se laisser abuser par la manœuvre.

Si l’hôte de Matignon a annoncé, celui de l’Elysée a décidé. En l’occurrence, le choix a été fait de corriger le tir. En clair, ce qui avait été affirmé en campagne doit bien être… ce qui doit s’appliquer. L’ISF va donc devenir dès l’an prochain l’IFI et la taxe d’habitation va entamer un premier mouvement de baisse pour un grand nombre de ménages. Cette volte-face, ne nous leurrons pas, a été soupesée. Et d’ailleurs, elle exigera des efforts de compensation dans d’autres domaines. Pour autant, bien que l’on se soit fait berner un temps par l’annonce, il est satisfaisant de voir, une fois n’est pas coutume, que l’on tient au sommet de l’Etat au respect des engagements pris. Entre risques politiques et économiques, la décision de réformer vite est appréciable. Elle appelle également d’autres chantiers. Dont acte. Sans peur d’être contredit, le Premier ministre a ainsi annoncé que dès l’an prochain, le prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital dit « flat tax » serait appliqué. Tandis que l’assurance vie conservera son régime actuel, sauf pour les nouveaux flux excédant 150.000 euros.

C’est clair et conforme à ce qui avait été dit en campagne. Tout est en ordre de marche, est-on en droit de penser. Soit. Mais les réformes dans un vieux pays comme la France ne se feront pas sans heurts. La rentrée devrait être chaude puisqu’au-delà de la donne fiscale, le Code du travail est également sous les feux de la rampe. Raison de plus, avant d’affronter cette tant redoutée rentrée sociale, pour goûter à une autre chaleur, celle de l’été et sa douce torpeur. Toute l’équipe de L’Agefi Actifs vous souhaite donc d’excellentes vacances, avant de vous retrouver le 1er septembre prochain pour votre numéro de la rentrée. Avec des informations, à ne pas confondre avec « fake news »...