Credit Suisse confronté à une vaste enquête internationale pour évasion fiscale

Erick Jarjat, NewsManagers
L'enquête vise des dizaines de personnes soupçonnées de fraude fiscale et de blanchiment d'argent.

Un nouveau scandale financier se prépare-t-il? Credit Suisse a été contactée par les autorités britanniques, françaises et néerlandaises «dans le cadre d'affaires fiscales», a révélé la banque suisse ce 31 mars dans un communiqué. Elle y précise que des bureaux ont été «visités» jeudi 30 mars. L'opération a en fait été menée de façon coordonnée jeudi et vendredi aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en France et en Australie, a précisé le Service néerlandais d'information et d'enquête fiscale (FIOD). Deux personnes ont été arrêtées aux Pays-Bas. Par ailleurs, des lingots d'or, des toiles et de l'argent liquide ont notamment été saisis.

L'enquête vise des dizaines de personnes soupçonnées de fraude fiscale et de blanchiment d'argent, ont fait savoir vendredi les autorités néerlandaises pour la poursuite des crimes financiers. Les suspects auraient confié de l'argent à une banque suisse non identifiée, sans en avertir les autorités. Le gouvernement néerlandais a signalé aux pays concernés par cette affaire de l'existence de 55.000 comptes suspects dans cette banque, dont 3.800 en lien avec les Pays-Bas. Selon le porte-parole Wietske Vissers, l'enquête devrait continuer durant «des semaines» dans divers pays.

En France, une enquête judiciaire pour blanchiment aggravé de fraude fiscale est ouverte et le parquet national financier (PNF) a annoncé vendredi la découverte de  «plusieurs milliers de comptes bancaires ouverts en Suisse et non déclarés» au fisc français. Le parquet ajoute que «la dimension transnationale de ce type d'agissements frauduleux, particulièrement attentatoires aux finances publiques, justifie une coordination efficace entre les pays à l'échelle européenne et internationale».

Les autorités fiscales britanniques ont également indiqué vendredi avoir ouvert une enquête au pénal sur des soupçons de fraudes fiscales et de blanchiment d'argent par «une institution financière mondiale». Cette enquête va se concentrer dans un premier temps sur les «salariés seniors» ainsi que sur un nombre indéterminé de clients, ont-elles ajouté. L'établissement concerné n'a pas été identifié.

«Nous coopérons avec les autorités», indique le groupe suisse dans son communiqué. L'établissement assure appliquer depuis 2013 la convention de retenue à la source conclue entre la Suisse et le Royaume-Uni et avoir mis en œuvre les programmes français et néerlandais de déclaration volontaire. Toutes relations avec des clients «non conformes» ont été rompues, poursuit Credit Suisse. Les sites européens du groupe ont par ailleurs adopté l'échange automatique de renseignements en matière fiscale. Le dispositif sera étendu aux clients privés européens gérés depuis la Suisse à partir de l'an prochain