Immobilier

Cafpi prévoit un retour du crédit révisable

Une pentification de la courbe des taux pourrait, sous conditions, rendre le crédit révisable intéressant.

Délaissé depuis des années, ne représentant qu’une faible part de la production de crédits en France, le crédit à taux révisable pourrait revenir sur le devant de la scène. C’est en tous les cas, d’après le courtier en prêt immobilier, une solution pour préserver la solvabilité des primo-accédants dans l’hypothèse d’une remontée des taux longs et d’une baisse des taux courts.

Accentuation de l’écart taux longs/taux courts.

Alors que les taux fixes suivent l’évolution des taux longs qui pourraient progresser dans les mois à venir, les taux révisables, de leur côté, prennent comme référence l’Euribor 3 mois ou 1 an selon les cas, qui eux, tendent à diminuer depuis plusieurs mois, emboîtant le pas au taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) aujourd’hui à 1 %. Il pourrait donc se créer un écart entre les deux suffisamment important pour être intéressant. « Une différence d’un point (1 %) devrait se maintenir entre des taux fixes et révisables capé 2 (dont la hausse est limitée à 2 % maximum) pour un crédit à 20 ans. L’amplitude devrait être plus importante pour des emprunts de plus longue durée », explique Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi.

Encore faut-il que les banques augmentent leurs taux fixes. Pour l’heure, il n’est observé aucune tension sur l’OAT 10 ans depuis la perte du AAA français qui justifierait une telle hausse, même si « une seconde dégradation de la note française par Standard & Poor’s n’est pas exclue », juge-t-il.

Intérêt du taux révisable.

A titre d’exemple, en comparant des emprunts de 200.000 euros sur 20 ans, l’un à taux fixe sans assurance à 4,25 % l’autre à taux révisable à 3,25 % capé 2 basé sur l’Euribor 1 an, le courtier fait ressortir que, s’il est opéré une révision de ce dernier au début de la deuxième année (cas peu probable selon lui), le révisable est intéressant en cas de revente avant 48 mois, soit 4 ans. Au début de la troisième année, l'horizon passe à 72 mois, soit 6 ans. En considérant qu’un emprunteur (primo-accédant) rembourse son emprunt en moyenne entre 5 et 7 ans, la souscription d’un tel produit ne semble pas sans intérêt, à condition que les taux prennent la direction escomptée.