Les obligations toujours largement majoritaires dans les placements des assureurs

La Banque de France confirme que les assureurs sont moins présents sur les dettes périphériques européennes

Les placements du secteur de l’assurance en France s’élèvent à 1.765 milliards d’euros à fin 2011, détenus à 85% par les assureurs-vie et mixte, selon la dernière étude annuelle de la Banque de France sur ce marché. Le montant total des flux de placements financiers des ménages dans l’assurance-vie s’élève quant à eux à 100,7 milliards d’euros pour 2011, contre 108,5 milliards en 2010. Les produits d’épargne bancaire, tels que le Livret A, totalement liquide, défiscalisé et garanti par l’Etat, ont bénéficié de cette désaffection.

"Le recentrage des placements sur la France, déjà amorcé l'année précédente s'est confirmé en 2011"? observe les auteurs de l'étude. Les actifs détenus par les assureurs ont été investis à 54% dans l’économie française : 19,4%  de ces 1.765 milliards ont été investi dans des institutions financières de l’hexagone et 16,3% dans le secteur public français, reléguant en 3ème position les sociétés non financières françaises à 6,6% (toutes zones géographiques confondues elles perdent 1 point et représentent désormais 15,6% des investissements des assureurs, contre 38,6% pour les sociétés financières). Cette évolution se fait aussi au détriment des émetteurs de la zone euro hors France, dont la part recule de 34,3 à 29,5%.

En outre, les titres de créances restent, comme les années précédentes, largement majoritaires dans les placements des organismes d’assurance. Leur proportion gagne 0,8 points par rapport à 2010 et atteint 72,9 % du total en 2011. La part de l’immobilier gagne elle aussi un peu de terrain, passant de 3,9 % en 2010 à 4,3 % en 2011 tandis que la part des actions cotées dans le portefeuille des assureurs baisse à 9,5 % fin 2011, après 11,4% fin 2010, l'immobilier se redressant à 4,3% contre 3,9%.

Plus de 600 organismes, sociétés d’assurance vie, mixtes et non-vie, mais aussi des mutuelles et institutions de prévoyance, ont répondu à cette enquête. Or entre les différents types d’assurance, il existe des différences de structure de placement. Ainsi, le recours aux titres de créance est bien plus systématique pour les assureurs-vie et mixtes (75,3 %) que pour les assureurs non-vie (54,3 % de titres de créance). En revanche, ces derniers se distinguent par une proportion sensiblement plus importante d’actions non-cotées (15,7%, contre 2,2 % pour les assureurs-vie), mais ceci est le reflet des participations intra-groupes qu'ils détiennent. Les mutuelles et les institutions de prévoyance ont quant à elles une structure de placement très proche de celle de l’assurance vie, même si les mutuelles se distinguent des institutions de prévoyance par l’importance de leurs actifs immobiliers (11,0 %, contre 4,8 % pour les institutions de prévoyance) et par une plus faible part des placements en actions (5,2 % d’actions cotées pour les mutuelles, contre 10,4 % pour les institutions de prévoyance).

Par ailleurs, l’étude montre également que la part des titres les plus liquides (titres d’OPCVM monétaires et titres de créance de durée initiale inférieure à un an) progresse entre 2010 et 2011 de 3,4 % à 5,8 % ; ce qui a un effet sensible sur la durée de vie résiduelle moyenne du portefeuille de titres de créance (8,3 années en 2011 pour l’ensemble du secteur examiné, contre 8,6 années en 2010). En revanche, le taux de rendement moyen de l’ensemble du portefeuille des titres de créance reste stable à 4,4 % à fin 2011, contre 4,5% en 2010.

Enfin les auteurs expriment une certaine inquiétude vis-à-vis du développement des "swaps de liquidité" entre banques et assureurs. Ils observent que les établissements bancaires soucieux pour répondre à de nouvelles contraintes réglementaires d'améliorer leur liquidité reçoivent des actifs liquides de la part d'assureurs et leur transfèrent essentiellement en contrepartie des produits structurés de crédit (CDO et ABS). « Ce type d’opération renforce les liens intra-financiers, le risque de contrepartie sur le secteur bancaire et, in fine, le risque de transmission des chocs entre secteurs » jugent-ils.

  • Source Banque de France
  • Date octobre 2012
  • Langue Française
  • Pages 17