Texte de référence - Assurance vie

« La phase de décollecte apparaît désormais terminée mais le marché demeure incertain »

Dans un document d’analyses, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACPR) présente les grandes tendances de l’épargne des ménages français au bilan des banques et des assurances pour la période comprise entre juin 2012 et juin 2013. Des paragraphes sont consacrés à l’assurance vie.

Une phase de décollecte terminée mais un marché incertain.

Selon les auteurs du rapport, le marché a connu quatre phases successives au cours de ces dernières années. Jusqu’en août 2011, le marché est resté dans une dynamique de collecte nette soutenue. Après une nette dégradation en août 2011, la collecte nette est restée négative jusqu’en septembre 2012. D’octobre 2012 à janvier 2013, malgré le contexte a priori défavorable de la hausse des plafonds de l’épargne réglementée, l’amélioration de la collecte déjà décelable dès juillet 2012 s’accélère. À partir de février 2013, le niveau des primes redescend légèrement alors que le niveau des prestations reste stable.

 

La bancassurance obtient de meilleures performances sur la collecte de supports en euros.

L’auteur du document rappelle que les filiales des groupes de bancassurance possèdent "des caractéristiques qui les singularisent des autres acteurs". La plupart sont présentes depuis moins longtemps sur le marché que les autres organismes, "la maturité moyenne de leurs contrats étant moins élevée, la proportion de leurs contrats concernés par des arrivées à échéance est un peu moins forte que chez des assureurs présents sur le marché depuis plusieurs décennies".

Sur les supports en euros, la collecte nette des groupes de bancassurance a été nettement plus dynamique que celle du reste du marché tant au cours de l’année 2012 qu’au cours du premier semestre 2013.

Autre précision de l’étude, en octobre-novembre 2012 et en janvier-février 2013, les groupes de bancassurance ont enregistré une collecte nette particulièrement importante sur les supports en euros. "Ce constat infirme donc l’hypothèse selon laquelle la hausse des plafonds de l’épargne réglementée aurait pu attirer des fonds en provenance de l’assurance vie. Alors que les fonds en euros restent mieux rémunérés que les livrets  et ne sont pas plafonnés, cette situation pourrait ainsi suggérer que les groupes de bancassurance ont réussi à distribuer auprès de leur clientèle un surcroît de contrats en euros à l’occasion d’un mouvement de réallocation de l’épargne bancaire suscité par la hausse des plafonds".

Par ailleurs, "il faut également noter que la plupart des assureurs ont été concernés par deux baisses successives, en octobre 2012 et en janvier 2013, du taux d’intérêt maximal garanti qu’ils peuvent proposer à leurs clients à court terme. Ce taux d’intérêt maximal garanti plafonne en effet le taux minimum garanti qui peut être proposé par les assureurs à leurs clients et influe donc sur leurs pratiques commerciales. Cette baisse a pu inciter des épargnants à ouvrir de nouveaux contrats d’assurance vie ou à effectuer des versements libres complémentaires sur leurs contrats existants, juste avant que ce taux garanti ne baisse. Ceci pourrait donc également expliquer des collectes nettes positives observées respectivement en octobre 2012 et janvier 2013"