Spirica lance le « Fonds Euro Nouvelle Génération »

En abaissant la garantie du capital pour augmenter l’espérance de rendement, l’assureur touche aux fondamentaux du fonds euro.

Liquidité, rendement et garantie du capital. La promesse initiale du fonds euros s’éloigne chaque jour un peu plus, tant les assureurs déploient des trésors d’imagination pour résoudre cette difficile équation. Spirica n’échappe pas à la règle avec le lancement du Fonds Euro Nouvelle Génération. La filiale du Crédit Agricole Assurances a présenté son nouveau contrat lors d’une conférence de presse jeudi 23 juillet, un produit à la technicité plus complexe qu’un fonds traditionnel.

Un changement « inéluctable »

Le Fonds Euro Nouvelle Génération brise un tabou : son niveau de garantie annuelle du capital est ramené entre 97,7 % et 98 %. En procédant à cette baisse, Spirica touche à l’essence même du fonds euro. Un changement de modèle « inéluctable » pour Daniel Collignon, directeur général de Spirica, qui pointe l’impossibilité pour les assureurs de délivrer du rendement dans la configuration actuelle.

« La poche obligataire a permis d’éviter des performances négatives du fonds euro jusqu’à présent. Aujourd’hui, le taux de rendement des obligations se situe entre 0 % et 1 %. Les taux négatifs nous forcent à constituer des fonds propres plus importants pour couvrir d’éventuelles pertes financières dans le cadre de Solvabilité 2 », a-t-il souligné. Ce matelas est insuffisant pour garantir du rendement aux assurés et augmente le risque de pertes en fonds propres pour les assureurs. Le Fonds Euro Nouvelle Génération est un moyen de transférer une petite partie du risque qu’ils supportent aux assurés, en échange de plus de rendements.

Des « frais supplémentaires » pour compenser les fluctuations des marchés  

Le fonds se distingue également dans la constitution d’une réserve pour compenser les fluctuations des marchés. 1,3 % des frais de gestion sont mis de côté par l’assureur et serviront à compléter le rendement délivré. C’est ce que Spirica a appelé les « frais supplémentaires », dont la totalité « s’ajoutent au résultat de la gestion financière », a expliqué Daniel Collignon lors de la conférence de presse. Cette technique de « vases communicants » est censée permettre à l’assureur de lisser les fluctuations de marché. L’objectif est de maximiser le rendement pour l’assuré en cas de scénario défavorable.

Dans cette optique, la poche de diversification sera plus importante : 30 % contre 15 à 20 % pour les fonds euros traditionnels. Elle sera investie en immobilier, infrastructures et private equity.

Un nouveau support euro croissance

Spirica a également annoncé le lancement de Croissance Allocation Long Terme, un nouveau support euro croissance rendu possible par la loi Pacte. Il vise un objectif de rendement entre 5 et 8 %, sur un horizon d’investissement de 8 ans, avec un capital garanti à 80 %. Il investira à hauteur de 25 % en immobilier, 25 % en private equity et infrastructures, 25 % en actions et 25 % en obligations.

Ces deux nouveaux produits seront commercialisés à partir du 15 septembre, date à partir de laquelle Spirica ne proposera plus ses fonds euros actuels.