Fintech

Nalo lance une offre avec BlackRock

La part d'environ 70% de fonds en euro de la poche «épargne de précaution» de Nalo sera progressivement remplacée par le fonds de BlackRock.
Photo Nalo

Par Pauline Armandet, L'Agefi Quotidien

C'est l'alliance qu'on n'imaginait pas. Hier, la fintech française Nalo a annoncé le lancement d’un portefeuille à faible volatilité en partenariat avec BlackRock. Le portefeuille, accessible au sein du contrat d’assurance-vie Nalo Patrimoine, lui même adossé à l’assureur Generali, vise un rendement de 3%. L’offre sera disponible d'ici quelques semaines.

L'objectif ? «Aider les assureurs à prendre le virage vers la fin du fonds euros», explique Guillaume Piard, CEO de Nalo. « Cela peut paraitre bizarre de figurer au côté de NaloBlackRock n’est pas si vieux pour être considéré comme un mastodonte : on a 30 ans et on a gardé un esprit startup. On veut innover en continu pour apporter de nouvelles solutions aux épargnants », confie Henri Chabadel, directeur des investissements chez BlackRock pour la France, la Belgique et le Luxembourg.

Concrètement, la part d'environ 70% de fonds en euro de la poche « épargne de précaution » des portefeuilles de Nalo – une poche qui a vocation à être mobilisée rapidement, sera progressivement remplacée par le fonds de BlackRock. « Il y a déjà une partie des ETF qui ont des rendements espérés qui sont inférieurs au fonds euros aujourd’hui. L’objectif, avec la volatilité la plus faible possible est de continuer à assurer un rendement au-dessus de l’inflation», explique le co-fondateur de Nalo.

Depuis sa création en 2013, le portefeuille « High Income » de BlackRock délivre un rendement de 3,4 %. Avec Nalo, « on va essayer de le viser et de l’atteindre le plus régulièrement possible », explique Henri Chabadel. « C’est un portefeuille global qui va comporter des expositions qu’on n’a pas l’habitude de retrouver dans le portefeuille des épargnants en France : dette émergente, obligation ‘haut rendement’... Il va falloir que Nalo se pose la question de la manière dont il va amender le portefeuille que nous avons développé en interne pour l’adapter au marché français », ajoute-t-il.

Contrairement aux apparences, Blackrock et Nalo disent partager une vision commune de l'épargne. D’une part, face à la chute de l'inflation, les deux acteurs considèrent que les Français doivent revoir la manière dont ils souhaitent gérer leur épargne. D'autre part, le géant BlackRock a pris la mesure du risque climatique en dévoilant une stratégie en ce sens en début d'année, tandis que 40 % des clients de Nalo détiennent un portefeuille d'investissement durable (ISR).

Depuis sa création en 2017, par Guillaume Piard, ancien banquier d’investissement, et par Hugo Bompard, statisticien économiste, la fintech, « n’a levé que 2 millions d’euros pour rester un acteur indépendant » précise son co-fondateur. Hier, la fintech a annoncé avoir réalisé des rendements supérieurs à 30 % pour 2019. « Si on élimine Boursorama et ING, on est dans la short list des meilleurs partenaires de Generali en termes de collecte », se targue Guillaume Piard.

La fintech ne souhaite toujours pas communiquer sur son nombre de clients ni sur ces encours, étant moins prolixe que sa concurrente Yomoni. Nalo assure conserver des clients aux portefeuilles aisés (200.000 euros de patrimoine financier). Si son client le plus âgé a 93 ans, l’âge moyen des clients de Nalo est passé de 40 à 38 ans l'an dernier. L'objectif de la fintech est de créer des clients « augmentés ». « Quand on a lancé l’offre, 50 % de nos clients étaient en totale autonomie, en 2 ans d’activité ce chiffre est monté à 62 % ».