Les marges sur les fonds euros restent très bonnes pour les assureurs

Par Thibaud Vadjoux
Le secteur de l'assurance est en très bonne santé. Il présente une rentabilité des capitaux propres de près de 10% en moyenne et grimpe jusqu'à 30% pour certains acteurs.

Jusqu'ici tout va bien. Même très bien. Les assureurs rappellent régulièrement qu'ils sont pénalisés par les taux bas et négatifs. Mais ils profitent d'une situation passée particulièrement avantageuse qui a continué de doper leurs résultats et rentabilité, du moins jusqu'en 2018, selon les données analysées par le cabinet de conseil spécialisé en assurances, Facts&Figures dans son dernier baromètre.

Les marges sur les fonds euros demeurent très bonnes. « La performance financière dégagée par les placements historiques des actifs généraux permet au secteur d’y réaliser près d’un tiers de ses résultats techniques », analyse Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet. « L’assurance se porte très bien en France et dégage une excellente rentabilité. Les questions de recapitalisation ne sont en aucun cas liées à des situations de perte, mais à la volatilité inhérente aux nouvelles normes prudentielles Solvabilité II », constate-t-il. Le marché présente un ROE (résultat net après IS rapporté aux fonds propres) de 9,8 % en 2018. Certains assureurs dommages présentent même des ROE autour de 30 %.

Les bancassureurs, Axa, Allianz et Covéa sur le podium

Les bancassureurs, BNP Paribas, CNP Assurances, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, Société Générale, font la course en tête en termes de rentabilité. Leurs ROE se situent entre 15 et 29 %. Ils ont été les plus actifs dans la diversification d'activités ces dernières années. « Les groupes bancaires dégagent aujourd’hui de bien meilleurs ROE via leurs filiales d’assurance vie que via la réalisation de leurs activités bancaires », souligne l'étude. Les unités de comptes (UC) sont également un moteur important de rentabilité. BNP Paribas Cardif réalise par exemple 22 % de son résultat technique sur l’épargne en unités de compte. Le gâteau de l’épargne en UC est tenu à 44 % par les bancassureurs. CNP Assurances est en revanche en retard sur le développement des UC. « Son résultat technique tient aujourd’hui principalement à l’épargne en euros grâce notamment au run-off des contrats issus des Caisses d’Epargne », relève le baromètre.

Allianz, Axa et Covéa appartiennent aussi au peloton de tête. Ils ont « significativement » amélioré leur rentabilité en 2018. « Axa a réussi à faire évoluer son mixte d’activité au cours de ces dernières années afin de renforcer ses positions sur les activités les plus génératrices de marge technique : les dommages de professionnels et d’entreprises, la prévoyance individuelle et l’épargne retraite en UC », note le baromètre. Allianz apparaît un peu en retrait par rapport à Axa. Covéa reste en retard sur l’épargne en UC. Les autres assureurs et mutuelles « ne sont aucunement en péril, mais ont tout intérêt à affûter leur positionnement stratégique et à affiner leurs points de différentiation », souligne Cyrille Chartier-Kastler.