Assurance vie

Les bancassureurs gardent la main

Le marché français de l’assurance vie poursuit sa concentration, selon l’ACPR
Les filiales de bancassureurs ont représenté 61% de la collecte brute en 2018
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Les poids lourds du secteur continuent de grossir. Parmi les organismes détaillant leur collecte en assurance vie à l’Autorité de contrôle prudentiel et de régulation (ACPR), la part de marché des 20 principaux contributeurs est « en croissance continue » depuis 2011, relève l’organisme dans une note publiée début avril (1).
Elle s’est établie en 2018 à 89 % des primes collectées, contre 85 % en 2011. Les cinq premiers ont même représenté 50 % du marché, contre 48 % sept ans auparavant. Une concentration accrue de la collecte brute « notamment portée par les filiales des groupes de bancassurance français dont la part de marché dans la collecte brute a gagné sept points entre 2011 et 2018 pour atteindre 61 % », souligne l’ACPR.

Stratégies propres. Les filiales des six grands groupes de bancassurance présentent un profil de collecte qui leur est propre, avec une « propension historiquement plus faible » à collecter des primes sur les supports en unités de compte (UC). Les autres organismes présentent en effet une proportion d’UC dans leur collecte plus élevée sur cette période et en constante progression, alors que celle-ci a stagné chez les bancassureurs en 2018. Dans un environnement où les taux de rendements moyens des fonds en euros hors fiscalité se rapprochent de l’inflation (1,80 % en 2018), les UC constituent une alternative de choix pour aller chercher de la performance. Mais « certaines filiales de groupes de bancassurance continuent de générer d’importants flux nets » sur les fonds en euros, observe l’autorité.

Disparités de collecte. Si la collecte nette globale en assurance vie est positive depuis 2013, pour atteindre plus de 22 milliards d’euros en 2018 selon les chiffres publiés fin mars par la Fédération française de l’assurance (FFA), les fonds en euros et ceux en UC connaissent cependant des évolutions contrastées : après quatre semestres consécutifs dans le rouge, la collecte sur les fonds en euros est ainsi à nouveau positive au second semestre 2018, à 1,7 milliard d’euros, contre -2,9 milliards au premier semestre 2018. Dans le même temps, la collecte nette sur les supports en UC, affectée par l’évolution des marchés boursiers, a été quasiment divisée par deux entre le 1er semestre 2018 (+13,9 milliards d’euros) et le second semestre (+7,4 milliards d’euros). Si tous les acteurs ont bénéficié d’une conjoncture favorable, avec des « rachats en forte diminution » de 10 milliards d’euros comparé à 2017, l’analyse montre que les bancassureurs ont une « plus grande résistance de la collecte nette sur les supports en euros ».

Hausse du chiffre d’affaires. Un essor dont témoignent les résultats publiés récemment par les principaux groupes bancaires dans leur activité d’épargne et assurance : le chiffre d’affaires de BNP Cardif a ainsi augmenté de 9 % sur un an en 2018 à près de 32 milliards d’euros. Son activité épargne a représenté quelque 24,7 milliards d’euros (+10 % par rapport à 2017). Chez Crédit Agricole Assurances, 33,5 milliards d’euros ont été enregistrés, en progression de 10,1 % par rapport à fin 2017, dont 25,6 milliards d’euros en épargne-retraite (+10,9 % par rapport à 2017). Même dynamique chez Société Générale Assurances, ou La Banque Postale, qui se concentre désormais sur son rapprochement avec CNP Assurances. 


(1) Analyses et synthèses, « Le marché français de l’assurance vie en 2018 », 3 avril 2019.