Les assureurs prévoient d’allouer 14% des encours aux actifs risqués pour 2023

Thibaud Vadjoux
L'enquête annuelle de BlackRock confirme l'appétit croissant des assurés pour les actifs privés.

Six assureurs sur dix prévoient d’augmenter leur exposition aux actifs risqués pour les deux prochaines années soit le plus haut niveau jamais observé par BlackRock dans ses enquêtes sur l’assurance dans le monde menées depuis 2015. Dans ce 10eme rapport annuel, 362 directeurs ont été interrogés représentant les deux tiers de l’industrie en termes d’actifs sous gestion.

BlackRock estime que cette importante hausse dans les actifs privés «est moins une préférence qu’une nécessité» pour les assureurs. L’environnement durable de taux bas continue de réduire les marges et les oblige à regarder les actifs à plus fort rendement. «Avec des taux et des spreads restant bas, il n’est pas surprenant de voir les assureurs accroitre leur appétit pour les actifs et les stratégies alternatifs afin de maintenir le flux de revenus pour les assurés et les clients», déclare Pascal Christory, directeur des investissements d’Axa, cité par BlackRock.

Dans leur quête de rendement, les assureurs prévoient d’augmenter leur allocation aux actifs privés de 11 à 14% d’ici à 2023 soit un doublement depuis 2019. Ce qui dépasse les attentes. En 2019, ils estimaient atteindre les 9% d’allocation dans les marchés privés pour 2022. «Nous prévoyons de continuer de développer nos moyens d’investir dans les actifs privés et d’augmenter notre allocation au crédit et aux actions non cotés», confirme Vlad Barbalat, président et directeur des investissements de Liberty Mutual.

Les stratégies diversifiées devraient le plus profiter de l’afflux de capitaux des assureurs (45% des répondants prévoient d’augmenter leur allocation). Les investissements dans la dette et les actions non cotées dans l’immobilier commercial et le private equity devraient également être bien placées alors que la dette d’infrastructures devrait subir des désinvestissements importants (62% des répondants).  

Recherche de sécurité et de liquidité

En contrepartie de ce renforcement dans les actifs privés, les assureurs sont davantage en demande de qualité de crédit de liquidité, ce qui renforce l’importance d’une recherche crédit robuste pour analyser et sélectionner des actifs à long terme. La perte de liquidité induite par le glissement vers les actifs alternatifs est compensée par une allocation croissance dans le cash (41% des répondants en hausse et 37% stables).

Les portefeuilles obligataires évoluent également avec une rotation des obligations d’Etat vers des stratégies à plus haut rendement comme la dette des marchés émergents ou le crédit corporate Investment-Grade et les actifs alternatifs de haute qualité et liquides.

Les ETF sont également recherchés pour leur liquidité et leur exposition à des marchés performants. «Nous continuerons à gérer l'essentiel de nos expositions actions et obligations de la zone euro via des comptes gérés. Cependant, pour d'autres zones géographiques et stratégies spécifiques, nous utilisons déjà des ETF à des fins tactiques, pour saisir de nouveaux segments de marché, ou pour des produits avec des exigences comptables et de fonds propres plus simples, comme les unités de compte», explique Francesco Martorana, directeur des investissements de Generali.

L’enquête apprend également que plus de la moitié du panel d’assureurs (54%) place les risques géopolitiques en tête des risques macroéconomiques pour les deux prochaines années. Mais les risques environnementaux font une percée très rapide dans le champ d’horizon des assureurs. 36% d’entre eux les mettent en tête de leur préoccupations macro contre 18% un an plus tôt.    

BlackRock gère plus de 500 milliards de dollars pour le compte des assureurs soit 5% de son portefeuille de 9.500 milliards de dollars, indique Reuters.