Le rachat d’Aviva France par la Macif convainc

Bertrand de Meyer
La Macif a levé 1,75 milliard d’euros lors d’une émission de dette subordonnée en trois tranches sursouscrite plus de six fois.
DR

Les investisseurs valident le rachat d’Aviva France par la Macif. L’assureur mutualiste a levé lundi 1,75 milliard d’euros à l’occasion d’une émission de dette subordonnée en trois tranches pour boucler l’opération de 3,2 milliards d’euros dont le reste sera financé par les fonds propres du groupe Aéma, fruit du rapprochement entre la Macif et Aésio. Une émission sursouscrite plus de 6 fois puisqu’elle a attiré un carnet d’ordres de plus de 12 milliards d’euros et 750 investisseurs.

Concrètement, le groupe a placé une première tranche de 400 millions d'euros (resrectricted tier 1) qui pourra être rachetée au bout de 8 ans, avec un rendement de 3,5%. La deuxième tranche (subordinated tier 2) de 850 millions d'euros a une maturité de 31 ans. Elle est assortie d'une option d'achat (call) au bout de 11 ans et placée avec une marge de 205 points de base (pb) au-dessus des swaps. La troisième tranche (subordinated tier 3), de maturité 6 ans, atteint 500 millions d'euros et offre une marge de 95 pb au-dessus des mid-swaps.

« Les taux  d'intérêt de l'émission sont inférieurs à ceux auxquels nous nous attendions. L’accueil du marché montre que le projet stratégique a été compris », s’enthousiasme François Bonnin, directeur général adjoint en charge de la finance et des risques chez Aéma Groupe. Conséquences sur le coût de la dette:  « Au total, après le rachat, le groupe aura une charge d’intérêt légèrement supérieure à 35 millions d’euros. C’est moins qu’attendu. »

Cette émission est particulière pour trois raisons, selon Gabriel Lévy, responsable mondial de l’origination obligataire de la banque de grande clientèle de Natixis, : « Elle concerne l'ensemble des segments de la structure de capital, un acteur presque primo-émetteur et les trois tranches ont été exécutées simultanément ». « Nous avons émis trois tranches pour diversifier les échéances et ne pas avoir de mur de dette sur une seule échéance. La première tranche est la partie la plus proche des fonds propres pour conserver une flexibilité financière et une capacité d’émission à l’avenir », explique François Bonnin. 

Il y a aussi eu un effet demande : l’offre de ce type dette a été relativement rare cette année avec seulement 8 émissions pour un équivalent euro de 5,4 milliards avant celle-ci. « Certains investisseurs ont pu saisir l’opportunité pour se rattraper en termes d’exposition sur le secteur assurance. Bien que les chiffres précis ne soient pas encore arrêtés, on observe un retour des investisseurs anglais par exemple », précise Sébastien Julienne, responsable du primaire dette (DCM) pour l'assurance en Europe chez Natixis.