Assurance vie

De l’immobilier sous toutes ses formes

L'immobilier a dopé les performances des fonds en euros l'an passé
Au-delà des SCPI et des OPCI, certaines SCI ont désormais la cote auprès des assureurs
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Une performance confirmée. L’an passé, les fonds d’assurance vie investis dans l’immobilier se sont distingués par des rendements bien supérieurs aux supports en euros traditionnels. Net de frais de gestion, la fourchette va de 2,59 % pour Europierre d’ACM Vie à 3,40 % pour Sécurité Pierre Euro de Primonial, contre 1,80 % en moyenne pour l’ensemble des autres supports en euros classiques, selon les chiffres communiqués par la Fédération française de l’assurance (FFA). Mais si leur attractivité est certaine, les produits adossés à l’immobilier ne sont pas sans contraintes : ils doivent le plus souvent être investis dans des unités de compte (UC), généralement entre 20 et 40 %, et font l’objet d’une enveloppe de distribution à ne pas dépasser.

SCPI. Les assureurs ont parié ces dernières années sur les Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), qui se sont fait une place de choix parmi les UC. Et particulièrement dans les contrats haut de gamme : « aujourd’hui, on retrouve des SCPI dans la quasi-totalité des contrats patrimoniaux », explique Cyrille Chartier-Kastler, président fondateur de Good Value For Money. Les contrats Arborescence Opportunités, et Netlife, de Spirica, contiennent chacun une quinzaine de SCPI. La contrainte pour ces produits : un coût relativement élevé qui comprend en plus des frais de gestion des fonds, ceux relatifs aux SCPI. « Autant d’éléments qui conduisent à privilégier une durée d’investissement d’une dizaine d’années », souligne l’expert.

OPCI. À l’instar des SCPI, les Organismes de placement collectif immobilier (OPCI) gagnent eux aussi du terrain dans l’assurance vie. Dans le trio de tête des plus demandés, on retrouve OPCIMMO d’Amundi, ou Selectiv’Immo d’Axa, ou encore OPSIS Patrimoine de La Française. En banque privée, Edmond de Rothschild a lancé en septembre dernier un OPCI à destination de sa clientèle, Edmond de Rothschild Immo Premium . Pourquoi un tel succès ? « Ce type d’actifs peut comprendre des foncières cotées, et atteindre des encours beaucoup plus importants que pour les SCPI. Même si le risque à l’arrivée est d’empocher une moins-value », conclut Cyrille Chartier-Kastler.

SCI Viager. Parmi les produits atypiques adossés à l’immobilier, la société civile immobilière (SCI) en viager fait son apparition. Turgot Asset Management (AM) a lancé fin 2017 le fonds Viageneration, le premier véhicule d’immobilier viager exclusivement accessible en unité de compte au sein des contrats d’assurance vie. Juridiquement, cette SCI diversifiée à capital variable a pour objet principal l’acquisition de la nue-propriété de biens immobiliers avec un usufruit viager laissé au vendeur. La SCI procède de la manière suivante : elle achète les biens aux seniors avec une décote de 40 à 60 %, et leur paie la valeur de la nue-propriété en bouquet à 100 %, précise Turgot AM. Une offre commercialisée par Agéas.

Afer. Enfin, dernier indice en date de l’appétit croissant des assureurs pour la pierre, l’Association française d’épargne et de retraite (Afer) a annoncé la création du nouveau support en unités de compte « Afer Multi Foncier » au sein de son contrat d’assurance vie multisupport. Ce nouveau produit, lancé après Afer Immo et Afer Immo 2 (aujourd’hui fermés à la souscription) et adossé à un FCP, a été ouvert à la souscription le 25 avril dernier. Le fonds intéressera les adhérents peu averses au risque, entrant dans une catégorie de risque/rendement de 5 sur une échelle de 7, « en raison de la volatilité des marchés immobiliers, actions et taux auxquels il est exposé »