Assurance vie

Communication brouillée pour les fonds en euros

Le rendement de ces supports demeure aussi confortable à première vue que leur lisibilité devient insatisfaisante.

Les fonds en euros ne sont pas morts ! Même s’ils exigent des assureurs une marge de solvabilité quatre fois supérieure à celles des unités de compte et que leurs rendements moyens continuent de se tasser, ils restent aujourd’hui le seul pilier capable d’empêcher que ne s’écroule la collecte de l’assurance vie (voir le graphique).

Voilà pourquoi leur rémunération doit être étudiée à l’aune de critères professionnels. Plus que jamais, les distributeurs ont pour devoir de s’interroger : pourquoi un tel taux de rendement a-t-il été servi ? Comment celui-ci a-t-il été fabriqué ? Quelles peuvent être les conséquences des décisions comptables prises sur l’exercice pour l’année suivante ? Autant de questions qui réclament plus de transparence et de pédagogie de la part des opérateurs.

Les assureurs doivent s’appliquer à communiquer convenablement sur les taux de rendement des supports en euros en respectant l’engagement déontologique désormais retenu par l’Association française de l’assurance. Pour mémoire, et pour ceux qui font mine de le découvrir, il est important de rappeler que cet engagement date de 1998 et a été repris et validé par la Fédération française des sociétés d’assurances le 18 janvier 2000. Que dit-il en substance ? Qu’il est important de donner les montants concernés en face des rémunérations servies.

L’idée forte, chacun l’aura compris, consiste à ne pas « embellir » la réalité en affichant des taux attrayants pour une minorité d’assurés tout en occultant des performances, un peu moins chatoyantes, pour la grande majorité d’entre eux. Pour 2008, la collecte d’une information complète dans le total respect de cette charte a été un véritable chemin de croix dans de trop nombreux cas. Etrange année, où il aura fallu attendre, et parfois quémander, des taux de rendement en euros, eux-mêmes loin d’être médiocres, et sur lesquels les assureurs ne se sont pas précipités pour faire des commentaires.